En Israël, l’étau se referme-t-il autour de Netanyahou ?
Le Premier ministre israélien fait face à des révélations pointant son inaction en amont de l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023. L’article En Israël, l’étau se referme-t-il autour de Netanyahou ? est apparu en premier sur Le Grand Continent..
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou aurait reçu un avertissement majeur dix jours avant l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023. Selon le quotidien israélien Haaretz, le président des Émirats arabes unis, Mohammed bin Zayed, aurait prévenu Netanyahou que le Hamas, dirigé par Yahya Sinwar, préparait une opération d’envergure contre Israël. Ce mot arabe zilzal, signifiant tremblement de terre, désignait une attaque de grande ampleur. Pourtant, Netanyahou n’aurait pas transmis cette information cruciale aux chefs des services de sécurité israéliens, une omission qui pourrait avoir contribué à l’échec de la préparation à l’attaque. Le bureau du Premier ministre a immédiatement démenti ces révélations, affirmant qu’aucune alerte de cette nature n’avait été reçue. Ces accusations, si elles sont confirmées, pourraient affaiblir la crédibilité de Netanyahou et nuire à son parti, le Likoud, à l’approche des élections.
Benyamin Netanyahou fait face à un recul significatif dans les sondages, qui menace sa coalition au pouvoir. Le parti Likoud, qu’il dirige, perd du terrain face à un nouveau parti politique, Yashar, fondé par l’ancien chef d’état-major des armées israéliennes, Gadi Eisenkot. Si des élections avaient lieu aujourd’hui, la coalition actuelle de Netanyahou, composée de plusieurs partis, ne totaliserait que 51 sièges à la Knesset, contre 68 actuellement. Or, une majorité absolue nécessite 61 sièges. Cette situation met en péril la capacité de Netanyahou à conserver le pouvoir, d’autant que ses partenaires de coalition, notamment Itamar Ben-Gvir, ministre de la Sécurité nationale et chef du parti d’extrême droite Force juive (Otzma Yehudit), refusent de fusionner leurs forces électorales. Ces divisions internes pourraient encore fragiliser sa position avant le scrutin prévu le 27 octobre 2026.
Netanyahou subit une pression croissante de la part de la communauté internationale, notamment des États-Unis, son allié traditionnel. Douze pays, dont la France, le Royaume-Uni et le Canada, ont annoncé le 8 septembre 2026 suspendre leurs échanges commerciaux avec les colonies israéliennes situées dans les Territoires palestiniens occupés. Ces colonies, souvent considérées comme illégales au regard du droit international, sont des implantations de colons israéliens en Cisjordanie. Par ailleurs, l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a qualifié de terroristes des colons israéliens violents responsables d’attaques contre des Palestiniens en Cisjordanie, une déclaration rare qui reflète l’exaspération de Washington. Sous cette pression, Netanyahou a ordonné le démantèlement de 100 avant-postes illégaux en Cisjordanie, une décision contestée par Bezalel Smotrich, ministre des Finances et chef du Parti sioniste religieux, qui s’y est opposé fermement.
Les relations entre Israël et les États-Unis se tendent, notamment en raison de divergences sur la gestion du conflit avec l’Iran et sur la reconstruction de la bande de Gaza. En août 2026, Netanyahou a rejeté un plan proposé par l’administration Trump pour la reconstruction de Gaza, exigeant que l’armée israélienne reste présente jusqu’à un désarmement complet du Hamas. Cette position a créé des tensions avec Washington, qui cherche à stabiliser la région. Par ailleurs, Netanyahou n’a pas encore reçu le soutien public de Donald Trump pour les prochaines élections israéliennes, un silence qui pourrait affaiblir sa campagne. Ces désaccords stratégiques, combinés à l’isolement diplomatique croissant d’Israël, compliquent davantage sa position politique et internationale.

