NapseflowNapseflow
Culture

En 2026, Sophie Adenot devient la première astronaute française à sortir dans l'espace

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 14 j

Ce mardi 18 août 2026, Sophie Adenot devient la première femme astronaute française à sortir dans l'espace. Que cela signifie-t-il ? Pourquoi avoir attendu 2026 pour qu'une Française sorte dans l'espace ? Réponse avec Hervé Stevenin, instructeur à l'ESA, et Olivier Sanguy, de la Cité de l'Espace..

Première Française en sortie

Sophie Adenot est devenue la première Française à réaliser une sortie extravéhiculaire dans l'espace le 18 août 2026. Cette opération, d'une durée de 6h30, consistait à remplacer une antenne défectueuse de la Station Spatiale Internationale (ISS), qui transmet des données scientifiques et vidéo vers le centre de contrôle de Houston. L'antenne de rechange, installée en 2009, était déjà disponible sur la structure de l'ISS. Sophie Adenot, ancienne pilote d'hélicoptère militaire, s'est entraînée depuis 2023 au centre européen des astronautes à Cologne sous la supervision d'Hervé Stevenin, instructeur à l'ESA (Agence Spatiale Européenne). Cette mission marque un tournant historique pour la France et l'Europe dans le domaine spatial.

Risques des sorties extravéhiculaires

Une sortie extravéhiculaire (ou EVA, pour ExtraVehicular Activity) est l'une des missions les plus dangereuses pour un astronaute. Elle implique de quitter la protection de la station spatiale et d'évoluer dans le vide, avec seulement un scaphandre comme protection. Les risques incluent des pannes techniques, comme une fuite dans le système de refroidissement du scaphandre, comme celle qui a failli coûter la vie à l'astronaute Luca Parmitano en 2013. Les astronautes doivent respecter des protocoles stricts : être toujours attachés à la station par deux points d'ancrage, fixer tous leurs outils pour éviter de les perdre, et éviter les mouvements brusques pour ne pas s'emmêler dans les sangles. En cas de problème, seul un autre astronaute peut intervenir, car il n'existe pas de système de secours externe.

Entraînement en apesanteur

Pour simuler l'apesanteur, les astronautes s'entraînent en piscine, dans un bassin d'immersion où leur corps est équilibré par la poussée d'Archimède, créant une flottabilité proche de celle de l'espace. Cet environnement permet de reproduire les mouvements lents et précis nécessaires lors d'une sortie extravéhiculaire. Sophie Adenot a passé plus de 150 heures en piscine pour s'habituer à ces conditions. Les vols paraboliques, comme ceux de l'Airbus Air Zéro-G, offrent une apesanteur de 23 secondes, mais ne suffisent pas pour un entraînement complet. L'immersion en piscine reste la méthode la plus efficace pour préparer les astronautes aux missions réelles.

Préparation mentale et scaphandre

Le scaphandre est un équipement complexe, comparé à un petit satellite, car il intègre de nombreux systèmes vitaux (oxygène, température, pression). Porter un scaphandre pendant 6h30 à 10 heures (en incluant la préparation et le retour) peut être éprouvant, notamment en raison de l'espace restreint et de la visière serrée. Les astronautes doivent apprendre à considérer le scaphandre comme un cocon protecteur plutôt qu'un inconfort. La sensation de flottement en apesanteur, combinée à la vue de la Terre à 400 km, peut provoquer une angoisse liée à la chute libre. Un entraînement en réalité virtuelle a été développé pour Sophie Adenot afin de l'habituer à ces sensations avant sa mission.

Effort physique et endurance

Une sortie extravéhiculaire demande une endurance physique exceptionnelle. Le scaphandre, pressurisé, rend chaque mouvement difficile, comme lutter contre une résistance constante. Les astronautes doivent maintenir leur énergie pendant 6h30, avec seulement un litre d'eau disponible dans une poche à boire. Ils ne peuvent ni manger ni boire librement pendant l'opération. L'effort est comparable à courir des séries de 100 mètres sur la durée d'un marathon. L'hydratation avant la sortie est cruciale pour éviter la déshydratation. Les scaphandres américains, conçus dans les années 1980, sont adaptés aux morphologies masculines, ce qui ajoute une difficulté supplémentaire pour les femmes astronautes.

Scaphandres et inégalités de genre

Les scaphandres américains, développés dans les années 1980, ne sont disponibles qu'en trois tailles (M, L, XL) pour le torse, conçues pour des morphologies masculines. Les tailles S et XS, initialement prévues, ont été abandonnées pour des raisons budgétaires. Cela pose un défi pour les femmes astronautes, notamment celles avec une carrure plus fine, car le scaphandre trop large limite leurs mouvements. Aujourd'hui, 50 % des astronautes européens et américains sont des femmes, mais les scaphandres ne reflètent pas cette diversité. Pour les futures missions lunaires, l'inclusivité morphologique est un critère majeur de conception, comme pour le scaphandre lunaire développé par Axiom Space pour la NASA.

Centre d'entraînement européen

L'ESA a créé un centre d'entraînement dédié aux sorties extravéhiculaires à Cologne, en Allemagne, il y a 25 ans. Ce programme visait à permettre aux astronautes européens de se qualifier pour ces missions, car la NASA priorisait ses propres astronautes. Avant sa création, les Européens devaient s'entraîner aux États-Unis, mais leur qualification était souvent insuffisante pour les missions réelles. Depuis, tous les astronautes européens, dont Thomas Pesquet et Sophie Adenot, sont formés localement et qualifiés pour les sorties extravéhiculaires. Ce centre a joué un rôle clé dans l'autonomie de l'Europe dans le domaine spatial.

Ce que ça pourrait changer

Sophie Adenot est seulement la deuxième Française à réaliser une sortie extravéhiculaire, après Claudie Haigneré en 1996. La France compte peu de femmes astronautes comparée à d'autres pays. Les défis incluent les contraintes des scaphandres, conçus pour des morphologies masculines, et la nécessité d'une endurance physique accrue pour les femmes. Cependant, la parité progresse : 50 % des astronautes européens et américains sont désormais des femmes. Cette évolution reflète une volonté d'inclusivité dans les missions spatiales, bien que des obstacles techniques et culturels persistent.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.