Corps dans les décombres de Gaza : l’ONU réclame un accès pour des enquêteurs
Le haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme suspecte de possibles violations et crimes de guerre..
Le haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk, a demandé mardi 15 septembre 2026 que des enquêteurs internationaux puissent accéder à la bande de Gaza pour y collecter des preuves. Cette demande fait suite à la découverte de nombreux corps de Palestiniens dans les décombres de bâtiments détruits par les bombardements israéliens. Volker Türk craint que ces restes ne représentent qu'une infime partie des victimes, car une grande partie de Gaza a été rasée par les attaques ou des opérations de déblaiement. Il évoque des crimes de guerre et des crimes atroces, sans préciser qui en serait responsable. L'objectif est de préserver les preuves des violations du droit international, notamment sur les sites détruits, et d'aider à l'identification des victimes.
Depuis novembre 2025, la Défense civile palestinienne a extrait plus de 800 corps et restes humains des décombres de bâtiments détruits à Gaza. Elle estime à plus de 8 000 le nombre total de personnes portées disparues sous les décombres. Entre le 27 juin et le 27 août 2026, 233 corps ont été récupérés dans 20 bâtiments détruits, dont 74 enfants et 106 femmes. Ces chiffres illustrent l'ampleur des destructions et des pertes humaines. Les équipes locales, qui n'ont accès qu'à une seule pelleteuse, sont parfois contraintes de fouiller les décombres à mains nues en raison du refus israélien d'autoriser l'entrée d'engins lourds pour le déblaiement. À ce rythme, il faudrait au moins dix ans pour récupérer tous les corps restants.
Le haut-commissaire de l'ONU souligne que les familles des victimes ont le droit de connaître le sort de leurs proches, au-delà de l'identification et d'une inhumation digne. Il insiste sur la nécessité de documenter et d'identifier chaque victime, de préserver les données médico-légales (informations scientifiques utilisées pour établir l'identité ou les causes de décès) et les échantillons biologiques, ainsi que de consigner les lieux de sépulture. Ces mesures visent à garantir que les familles puissent obtenir des réponses et que les responsables de violations du droit international puissent être tenus pour compte. Israël a l'obligation, selon le droit international, de rechercher les personnes disparues, de récupérer les corps et de les évacuer.
Les opérations de récupération des corps sont fortement ralenties par le refus d'Israël d'autoriser l'entrée d'engins lourds pour le déblaiement des décombres. Les équipes de la Défense civile palestinienne, qui ne disposent que d'une seule pelleteuse, doivent parfois fouiller manuellement les ruines, ce qui limite leur efficacité et allonge considérablement la durée des opérations. Ajith Sunghay, responsable des activités du bureau des droits de l'homme de l'ONU dans les territoires palestiniens occupés, a averti que ces contraintes pourraient prolonger les travaux de récupération des corps de plus de dix ans. Cette situation aggrave la souffrance des familles et retarde l'accès à la vérité pour les proches des victimes.
La bande de Gaza a subi des destructions massives, avec deux tiers des bâtiments endommagés ou détruits selon l'ONU. Ces dégâts sont principalement attribués aux bombardements israéliens et aux opérations de démolition utilisant des engins lourds et des explosifs. Les zones où l'armée israélienne est déployée continuent d'être nivelées par des bulldozers, sans respect pour les corps enfouis sous les décombres. Ces actions soulèvent des questions sur le respect du droit international humanitaire, notamment la protection des civils et des morts en temps de conflit. La situation humanitaire à Gaza reste critique, avec des milliers de personnes disparues et des familles en attente de réponses.

