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Des recherches éclairent l’histoire d’un site rupestre autochtone millénaire

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 8 j

Selon des experts, les pétroglyphes unissent les autochtones aux paysages du sud de la Saskatchewan..

Découverte archéologique majeure

Des datations au carbone 14 ont révélé que des populations autochtones fréquentaient le site des pétroglyphes de Saint-Victor, en Saskatchewan (Canada), il y a plus de 2000 ans. Le carbone 14 est une méthode scientifique utilisée pour dater des objets anciens en mesurant la quantité de carbone radioactif qu’ils contiennent. Deux échantillons d’os prélevés près de la falaise ont permis ces datations : le premier, situé entre 10 et 20 centimètres de profondeur, remonte à l’an 900 de notre ère, tandis que le second, enfoui entre 40 et 50 centimètres, date de 120 avant notre ère. Ces résultats, bien qu’ils ne datent pas directement les gravures, confirment une occupation humaine ancienne du site. L’archéologue Tim Jones, qui a dirigé les fouilles en 1990, souligne que ces indices renforcent l’hypothèse selon laquelle des groupes autochtones y réalisaient peut-être des motifs gravés dès cette époque.

Site rupestre exceptionnel

Les pétroglyphes de Saint-Victor constituent la plus vaste collection d’art rupestre de la Saskatchewan, avec plus de 360 gravures recensées. Un pétroglyphe est un dessin ou un symbole gravé dans la roche, souvent réalisé par des peuples autochtones pour raconter des histoires, marquer des territoires ou transmettre des savoirs. Ce site est considéré comme un lieu exceptionnel pour le patrimoine de la province, car il témoigne d’une présence humaine continue et diversifiée sur plus de 2000 ans. Les motifs représentent notamment des animaux, suggérant un lien fort entre ces populations et leur environnement. Selon Tim Jones, la Saskatchewan compte une centaine de sites rupestres, mais aucun n’égale en importance celui de Saint-Victor.

Préservation menacée

Malgré son importance historique, le site des pétroglyphes de Saint-Victor est menacé par des phénomènes naturels. David Munro, président des Amis des pétroglyphes de Saint-Victor et guide du site depuis plus de 40 ans, explique que le grès, une roche sédimentaire, est fragilisé par des sels qui remontent à sa surface. Ces sels, combinés à l’action des racines de lichens et de mousses, provoquent un effritement progressif de la roche. Munro souligne que cette dégradation est accélérée par les variations climatiques et les activités humaines. Il appelle à une gestion environnementale concertée, notamment avec les communautés autochtones, pour préserver ce patrimoine. Le site est situé dans un parc provincial protégé et sur un territoire traditionnel couvert par le Traité 4, un accord signé entre le gouvernement canadien et plusieurs nations autochtones.

Ce que ça pourrait changer

Les nouvelles datations ont été rendues possibles grâce à la collaboration entre des archéologues, comme Tim Jones, et des bénévoles locaux, notamment ceux des *Amis des pétroglyphes de Saint-Victor*. Karin Steuber, directrice générale de la *Société d’archéologie de la Saskatchewan*, salue l’engagement de ces acteurs pour faire avancer la connaissance de l’histoire autochtone de la province. Elle insiste sur le fait que les pétroglyphes rappellent que la Saskatchewan a été habitée depuis des temps immémoriaux, bien avant l’arrivée des Européens. Les recherches actuelles pourraient être approfondies avec l’analyse d’un troisième échantillon d’os, prélevé à 60 centimètres de profondeur, pour vérifier si une occupation encore plus ancienne existe. Ces efforts s’inscrivent dans une démarche de valorisation du patrimoine autochtone et de reconnaissance de son rôle dans l’histoire régionale.

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