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Géopolitique

Pour doubler les États-Unis, la Chine veut implanter l’IA dans toutes les écoles d’ici à 2030

Courrier International · mis à jour 5 oct.

Alors qu’aux États-Unis des voix se font entendre afin de réguler l’intelligence artificielle, la Chine compte familiariser l’ensemble de ses élèves à l’IA d’ici à 2030. Avec pour ferme intention de distancer son rival dans ce secteur hautement stratégique..

Objectif chinois

La Chine a annoncé un plan ambitieux visant à intégrer l’intelligence artificielle (IA) dans toutes ses écoles d’ici 2030. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large pour renforcer la compétitivité du pays face aux États-Unis, leader actuel dans ce domaine. Le gouvernement chinois considère que maîtriser l’IA dès l’école permettra de former une génération mieux préparée aux défis technologiques et économiques futurs. L’intelligence artificielle désigne ici des systèmes capables d’imiter des comportements humains, comme le raisonnement, l’apprentissage ou la prise de décision, et qui sont déjà utilisés dans des domaines variés comme la médecine, l’industrie ou l’éducation. La Chine souhaite ainsi combler un écart perçu avec les États-Unis, où le débat sur l’IA se concentre davantage sur ses risques que sur son adoption massive.

Formation précoce

Dès l’âge de 10 ans, des enfants chinois comme Zhang Mingrui participent déjà à des programmes d’IA. Par exemple, un stage de six jours organisé à Pékin par l’entreprise XinYu AI a permis à des élèves de visiter des centres de robotique, d’étudier les enjeux éthiques de l’IA et d’apprendre à utiliser des outils comme des plateformes de conception de produits basées sur l’IA. Ces stages immersifs visent à familiariser les jeunes avec des technologies développées aux États-Unis, tout en les sensibilisant à leur utilisation responsable. Le gouvernement chinois a également lancé un système global de compréhension et de maîtrise de l’IA destiné à tous les niveaux d’éducation, de l’école primaire à l’université, en passant par la formation continue des adultes.

Contexte américain

Aux États-Unis, le développement de l’IA suscite des débats intenses. Certains acteurs de la tech, comme les dirigeants de grandes entreprises, appellent à une régulation stricte pour limiter les risques liés à cette technologie, tandis que des personnalités politiques, dont l’ancien président Donald Trump, prônent une approche plus libérale, fondée sur l’autorégulation des entreprises. Trump a d’ailleurs déclaré en septembre 2026 que les États-Unis devaient conserver leur avance technologique, affirmant : « Nous devançons la Chine en matière d’IA, nous sommes le pays le plus avancé du monde ». Cette divergence de vues entre les deux superpuissances illustre un clivage sur la manière de gérer l’innovation technologique à l’échelle nationale.

Enjeux économiques

Pour la Chine, former sa jeunesse à l’IA n’est pas seulement une question de prestige, mais aussi un levier économique. Le pays fait face à un taux de chômage élevé chez les jeunes, un sujet sensible dans l’empire du Milieu. Or, le secteur de l’IA connaît une croissance rapide : entre janvier et avril 2026, le nombre d’offres d’emploi dans ce domaine a été multiplié par plus de huit. Cette dynamique pourrait aider à absorber une partie de la main-d’œuvre jeune, tout en positionnant la Chine comme un acteur clé de l’économie numérique mondiale. Le gouvernement mise sur cette filière pour stimuler l’innovation et réduire la dépendance aux secteurs traditionnels.

Ce que ça pourrait changer

Plusieurs acteurs jouent un rôle central dans cette stratégie. D’un côté, le gouvernement chinois, représenté par des responsables comme *Zhou Dawang*, chargé des sciences et de la technologie au ministère de l’Éducation, impulse des directives pour généraliser l’IA dans les écoles. De l’autre, des entreprises privées comme *XinYu AI* ou *Foxconn* (connue pour ses usines électroniques) organisent des stages et des formations pour les élèves. Aux États-Unis, les débats sont portés par des figures politiques comme Trump, mais aussi par des dirigeants de la tech, qui défendent des visions opposées sur l’avenir de l’IA. Ces acteurs illustrent la compétition géopolitique et technologique qui oppose les deux pays.

Sujets complémentaires

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