BPCE (qui détient Banque Populaire, Caisse d’Épargne) rachète une nouvelle banque très rentable
C’est l’une des plus grosses transactions transfrontalières dans le secteur bancaire de la zone euro. Le groupe mutualiste BPCE français rachète une importante banque pour un montant de 6,7 milliards d’euros.
BPCE est le deuxième groupe bancaire en France après le Crédit Agricole, avec des millions de clients. Il possède notamment les banques mutualistes Banque Populaire et Caisse d’Épargne. En 2026, BPCE représente un acteur majeur de la banque de détail en France, avec une taille 3 à 4 fois supérieure à celle de BNP Paribas et Société Générale. Le groupe est organisé sous forme mutualiste, ce qui signifie qu’il est détenu par ses clients et non par des actionnaires privés classiques. BPCE mène depuis plusieurs années une stratégie de diversification à l’étranger pour étendre son influence hors de l’Hexagone.
En 2026, BPCE a finalisé le rachat de Novo Banco, la quatrième plus grande banque du Portugal, pour un montant de 6,7 milliards d’euros. Cette opération est l’une des plus importantes transactions transfrontalières dans le secteur bancaire de la zone euro au cours de la dernière décennie. Novo Banco détient 9 % des parts de marché au Portugal et 18 % chez les petites et moyennes entreprises (PME). Son rachat s’inscrit dans la stratégie de BPCE pour renforcer sa présence internationale, notamment en Europe. La banque portugaise est considérée comme très rentable et en bonne santé financière, contrairement à une banque en difficulté.
Novo Banco est née en 2014 d’une crise bancaire au Portugal. Elle est issue de la scission de Banco Espírito Santo, une ancienne banque portugaise en difficulté, dont les activités saines ont été reprises par l’État portugais. Les actifs toxiques, comme des créances douteuses ou des filiales non bancaires, ont été laissés de côté. Novo Banco a depuis réussi à se reconstruire et à se stabiliser financièrement. En mars 2026, l’État portugais a cédé une de ses filiales, GNB Vida, mais d’autres actifs résiduels, comme des portefeuilles immobiliers ou des créances, restent rattachés à Novo Banco.
Le prix de 6,7 milliards d’euros payé par BPCE pour Novo Banco correspond à 7,85 fois le résultat net de la banque au 31 décembre 2025. Malgré ce montant élevé, l’opération est considérée comme un « prix attractif » par les observateurs, car Novo Banco est une banque très rentable. Le principal actionnaire de Novo Banco avant le rachat était le fonds d’investissement américain Lone Star, qui détenait une part majoritaire. L’État portugais était également actionnaire. BPCE justifie ce rachat par la recherche de synergies, notamment en termes de revenus, et non uniquement de réduction des coûts.
Avec l’intégration de Novo Banco, BPCE passe de 5 000 à 8 000 collaborateurs au Portugal. Nicolas Namias, président du directoire de BPCE, a souligné que l’objectif n’était pas une simple réduction des coûts, mais une « synergie de revenus ». Cela signifie que BPCE espère tirer profit des expertises et des activités complémentaires de Novo Banco pour générer davantage de profits. Le groupe français mise sur la complémentarité entre les deux entités pour renforcer sa position sur le marché portugais, devenu son deuxième marché le plus important après la France.

