Carburants : la décision choc de la Chine qui risque de faire flamber les prix à la pompe
Il ne manquait plus que ça : la Chine bloque brutalement ses exportations de carburants pour sécuriser ses propres stocks..
Le marché du pétrole traverse une période de tensions extrêmes depuis plusieurs semaines. Deux crises majeures se superposent : d'abord, une attaque de drones a paralysé les exportations de pétrole depuis Yanbu, un port stratégique en Arabie saoudite, situé en mer Rouge. Ensuite, le détroit d'Ormuz, par lequel transite habituellement un cinquième du pétrole mondial, a été partiellement bloqué en raison de conflits géopolitiques. Ces événements ont provoqué une chute des approvisionnements et une hausse des prix. Une accalmie temporaire s'était dessinée grâce à la réouverture progressive du détroit d'Ormuz, qui a retrouvé 80 % de son trafic normal, et aux réparations en mer Rouge. Cependant, cette situation reste fragile et dépendante des tensions géopolitiques.
Face à cette instabilité mondiale, la Chine a pris une décision radicale en ordonnant à ses principaux raffineurs, comme PetroChina et Zhejiang Petrochemical, de suspendre immédiatement toutes leurs exportations de carburants pour le mois d'octobre 2026. Cette mesure concerne l'essence, le gazole et le kérosène, à l'exception de quelques livraisons ciblées vers Hong Kong et Macao. L'objectif affiché est de sécuriser les stocks nationaux, qui sont en dessous des niveaux minimaux exigés par les autorités chinoises. Selon les analystes du cabinet Kpler, les réserves chinoises de gazole sont environ 20 millions de barils en dessous de la normale, et celles d'essence de 9 millions de barils. Cette décision prive le marché mondial d'une source majeure de carburants déjà raffinés.
Cette suspension des exportations chinoises risque d'avoir un effet domino sur les prix des carburants à l'échelle mondiale. Bien que la France n'importe pas directement de carburants depuis la Chine, d'autres pays comme les Philippines ou le Bangladesh, qui dépendent de ces approvisionnements, devront se tourner vers d'autres fournisseurs. Cela intensifiera la concurrence pour les cargaisons disponibles et pourrait faire grimper les prix à la pompe, notamment en Europe où la situation est déjà tendue en raison des conflits en Ukraine et en Iran. Les marchés craignent une nouvelle hausse des prix, alors que les prix du brut étaient déjà sous pression malgré la reprise partielle des exportations en mer Rouge et la réouverture du détroit d'Ormuz.
Plusieurs acteurs jouent un rôle central dans cette crise. La Chine, avec sa capacité de raffinage la plus importante au monde, est désormais en position de protéger ses réserves internes au détriment des exportations. Les raffineurs chinois, comme *PetroChina* (entreprise publique) et *Zhejiang Petrochemical* (groupe privé), sont directement concernés par cette décision. Les analystes du cabinet *Kpler* fournissent des données précises sur l'état des stocks chinois. Enfin, des pays comme les Philippines ou le Bangladesh, dépendants des exportations chinoises, subissent indirectement les conséquences de cette mesure. La situation reste sous haute surveillance des marchés financiers et des gouvernements concernés.

