Danielle Smith et Doug Ford affichent leur unité à Calgary
Les deux premiers ministres souhaitent travailler ensemble à rendre le Canada « plus fort »..
Danielle Smith, première ministre de l'Alberta, et Doug Ford, premier ministre de l'Ontario, se sont rencontrés à Calgary le 27 septembre 2026 pour afficher leur unité face aux tensions commerciales avec les États-Unis. Cette rencontre était organisée par Enserva, une association représentant les secteurs énergétique et manufacturier canadiens. Les deux dirigeants ont souligné l'importance de collaborer pour exploiter le potentiel énergétique du Canada, notamment dans les domaines du pétrole, du gaz et du nucléaire, tout en cherchant à diversifier les marchés d'exportation. Doug Ford a ouvert la discussion en critiquant le rôle du gouvernement fédéral, qu'il considère comme un obstacle majeur en raison des réglementations, des organismes de contrôle et des formalités administratives jugées trop lourdes.
Les deux premiers ministres ont critiqué ouvertement le gouvernement fédéral, dirigé par le Premier ministre Justin Trudeau, qu'ils accusent d'avoir freiné le développement énergétique canadien ces dernières années. Doug Ford a déclaré que le gouvernement est le principal problème en matière de réglementation et de bureaucratie, tandis que Danielle Smith a comparé la situation actuelle à celle d'il y a 18 mois, affirmant que des discussions comme celle-ci auraient été impensables à l'époque en raison de la composition différente du Parlement et des dirigeants en place. Smith a également cité un sondage réalisé en juillet 2026 par Énergie Positive et Nanos Research, selon lequel 87 % des Canadiens estiment que le pétrole et le gaz sont importants pour l'économie du pays, contre seulement 2 % qui pensent le contraire. Elle a déploré que ces 2 % aient dicté la politique énergétique canadienne pendant une décennie.
Les deux premiers ministres ont réaffirmé leur volonté de construire un pipeline de 3 300 kilomètres au Canada, capable de transporter jusqu'à 800 000 barils de pétrole par jour vers l'est du pays, en évitant les États-Unis. Ce projet vise à renforcer l'autonomie énergétique du Canada et à réduire sa dépendance envers les marchés américains, notamment dans un contexte de tensions commerciales croissantes. Doug Ford a insisté sur la nécessité de développer des projets d'oléoducs dans toutes les directions, tandis que Danielle Smith a évoqué les défis liés à la main-d'œuvre, un sujet central de leur discussion. Aucun investissement n'a encore été annoncé pour ce projet.
La question de la main-d'œuvre a été identifiée comme un obstacle majeur au développement des projets énergétiques canadiens. Les deux premiers ministres ont reconnu que le manque de travailleurs qualifiés dans les secteurs de l'énergie et de la construction pourrait ralentir la réalisation de leurs ambitions. Pour y remédier, Danielle Smith a mentionné qu'un référendum est prévu en Alberta le 19 octobre 2026, dont l'une des questions vise à donner à la province un plus grand contrôle sur l'immigration économique. L'objectif est de former davantage de travailleurs locaux et d'attirer des compétences étrangères pour répondre aux besoins du secteur énergétique.
Cette rencontre s'inscrit dans un contexte de tensions commerciales accrues entre le Canada et les États-Unis, notamment sous la présidence de Donald Trump. Les États-Unis ont imposé des tarifs douaniers sur les importations canadiennes d'acier et d'autres produits, ce qui a eu des répercussions sur des entreprises comme *Stelco*, une aciérie ontarienne ayant annoncé des licenciements massifs pour faire face à ces mesures. Les deux premiers ministres ont souligné que le Canada doit renforcer son indépendance économique pour éviter d'être vulnérable aux décisions américaines. Doug Ford a déclaré que le monde observe les relations entre les deux pays et que les obstacles actuels, notamment les barrières commerciales, doivent être surmontés.

