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Géopolitique

Élections au Brésil : des démocrates américains s’inquiètent d’une ingérence de Trump

Courrier International · mis à jour 25 sept.

Ces derniers mois, les États-Unis ont multiplié les pressions diplomatiques, économiques et politiques sur le Brésil. Bernie Sanders, Alexandria Ocasio-Cortez et une trentaine de membres du Congrès ont demandé des explications dans une lettre adressée à Marco Rubio..

Démocrates inquiets

Une trentaine de membres du Congrès américain, issus du Parti démocrate et menés par des figures comme Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez, ont adressé une lettre officielle au secrétaire d’État américain Marco Rubio. Dans ce courrier, daté de septembre 2026, ils expriment leur inquiétude face à une possible ingérence de l’administration Trump dans les élections brésiliennes prévues le 4 octobre 2026. Les parlementaires qualifient cette ingérence de tentative concertée pour influencer le climat politique brésilien. Ils demandent des explications sur les pressions exercées par les États-Unis, qu’ils jugent contraires aux principes de souveraineté nationale.

Pressions américaines

L’administration Trump a multiplié les pressions sur le Brésil ces derniers mois, selon l’article. Parmi ces mesures, on note le classement en juin 2026 des gangs criminels brésiliens Commando Vermelho et PCC comme organisations terroristes par Washington. Cette décision est perçue comme une étape pouvant ouvrir la voie à une intervention militaire américaine au Brésil. D’autres actions incluent l’instauration de surtaxes douanières, la suspension en août 2026 du visa de l’ambassadrice brésilienne aux États-Unis, et le refus en juillet 2026 du Brésil d’accorder des visas à deux fonctionnaires américains, accusés de vouloir interférer dans le processus électoral.

Réaction brésilienne

Le président brésilien Lula a réagi publiquement à ces pressions lors de son discours à l’Assemblée générale des Nations unies le 22 septembre 2026. Il a déclaré que le Brésil ne fait partie de l’arrière-cour de personne, en référence à une nouvelle doctrine américaine appelée doctrine Donroe, qui vise à faire de l’Amérique latine une zone d’influence exclusive des États-Unis. Un rapport confidentiel de l’Abin (Agence brésilienne de renseignement) a qualifié la situation de critique, et l’équipe de campagne de Lula a déposé une plainte officielle le 23 septembre 2026 auprès du Tribunal suprême fédéral (STF) et du Tribunal supérieur électoral (TSE) pour demander une enquête sur ces ingérences.

Doctrine Donroe

La doctrine Donroe est une politique étrangère américaine récente qui prétend faire de l’Amérique latine une zone d’influence exclusive des États-Unis, comparable à la notion historique d’arrière-cour (ou backyard en anglais). Cette doctrine s’inscrit dans une logique de renforcement des alliances avec des gouvernements alignés sur Washington, au détriment de la souveraineté des pays concernés. Elle a été évoquée par Lula lors de son discours à l’ONU pour critiquer les pressions américaines sur le Brésil, notamment en vue des élections de 2026.

Précédents latino

L’article cite plusieurs exemples récents où Donald Trump est intervenu dans des élections en Amérique latine pour favoriser des candidats d’extrême droite. En novembre 2025 au Honduras, il a menacé les électeurs de sanctions économiques si le candidat de droite Nasry Asfura n’était pas élu. En octobre 2025 en Argentine, il a conditionné un sauvetage économique du pays à la victoire du parti de Javier Milei aux élections législatives. En juin 2026 en Colombie, il a apporté son soutien total et absolu au candidat Abelardo de la Espriella lors du second tour de l’élection présidentielle. Ces interventions visaient à renforcer l’influence américaine dans la région.

Ce que ça pourrait changer

Au Brésil, les élections de 2026 opposent principalement le président sortant Lula et Flávio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro. Les sondages indiquent un coude-à-coude en cas de second tour. Les congressistes démocrates américains ont également demandé à l’administration Trump de reconnaître les résultats officiels, quel que soit le candidat élu. Ils rappellent que les États-Unis ont une *responsabilité* envers les institutions démocratiques brésiliennes, en référence à leur soutien historique à la dictature militaire brésilienne entre 1964 et 1985, période pendant laquelle ils ont joué un rôle controversé dans la région.

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