Thélyson Orélien : un des créateurs de « Balance ton Claude » brise le silence
« Je redoute l’avènement d’un monde où plus personne n’écrirait ou ne lirait », a expliqué M. Fitoussi..
Le collectif Balance ton Claude est un groupe de cinq personnes, dont l’un des membres est le chroniqueur français Samuel Fitoussi. Ce collectif a été créé pour alerter sur l’usage croissant de l’intelligence artificielle (IA) dans la rédaction de contenus que le public croit souvent écrits par des humains. Leur objectif n’est pas de cibler spécifiquement une personne, mais de sensibiliser à un phénomène plus large : la prolifération de textes générés par des outils comme ChatGPT, un modèle d’IA développé par l’entreprise OpenAI. Le nom du collectif fait référence à Claude, un autre modèle d’IA, et joue sur l’idée de dénoncer ces pratiques. Le groupe a notamment attiré l’attention en accusant Thélyson Orélien, un auteur et essayiste de 29 ans, d’avoir utilisé l’IA pour écrire son livre C’était ça ou mourir.
Thélyson Orélien est un auteur et essayiste français de 29 ans, également chroniqueur pour le quotidien Le Figaro depuis 2021. Son identité a été révélée par ce journal le jeudi précédant son accusation par Balance ton Claude. Le collectif l’a accusé d’avoir utilisé l’intelligence artificielle pour rédiger son livre C’était ça ou mourir, ce que Samuel Fitoussi a confirmé lors de l’émission Tout un matin sur les ondes d’ICI Première. Orélien est une figure publique en France, où il publie régulièrement des chroniques et des essais. L’accusation a pris de l’ampleur après que l’Académie Goncourt, un prix littéraire prestigieux, a retiré son roman de sa sélection, bien que les raisons exactes de cette décision ne soient pas détaillées dans l’article.
Samuel Fitoussi, porte-parole du collectif, exprime une crainte majeure : l’avènement d’un monde où les contenus écrits et lus seraient majoritairement générés par des intelligences artificielles. Selon lui, cela menacerait la singularité de l’écriture humaine et réduirait la motivation à lire. Il souligne que la lecture est un acte social et émotionnel, où le lecteur entre en contact avec la subjectivité d’un auteur à travers ses choix de mots, de ponctuation et d’expressions. Fitoussi précise que cette subjectivité est ce qui rend la lecture enrichissante et humaine. Il ajoute que l’attention des lecteurs, une ressource limitée, pourrait être détournée vers des contenus artificiels, noyant ainsi les productions humaines dans un « océan de contenu artificiel ».
La révélation de l’accusation contre Thélyson Orélien a suscité des réactions dans le milieu littéraire français. L’Académie Goncourt, connue pour décerner un prix littéraire prestigieux, a retiré son roman de sa sélection, ce qui a contribué à donner de l’écho à l’affaire. Samuel Fitoussi explique que le collectif *Balance ton Claude* ne cherche pas à nuire à Orélien personnellement, mais à alerter sur un problème plus large : la difficulté croissante à distinguer les textes écrits par des humains de ceux générés par des IA. Il insiste sur l’importance de préserver la lecture comme un acte humain et social, où la singularité de chaque auteur joue un rôle central. Le débat soulève des questions éthiques et culturelles sur l’avenir de l’écriture et de la lecture dans un monde de plus en plus dominé par l’intelligence artificielle.

