L’imbattable record de médiocrité de Lance Stroll en F1
Son coéquipier de l'écurie Aston Martin, Fernando Alonso, l'a battu 42 fois d'affilée en qualifications..
Lors des qualifications du Grand Prix de Catalogne en juin 2025, Lance Stroll, pilote canadien de l'écurie Aston Martin, a réalisé un chrono meilleur que celui de son coéquipier espagnol Fernando Alonso. Cet événement est exceptionnel car il s'agit de la première fois depuis le Grand Prix de Grande-Bretagne de 2024, soit près de deux ans, que Stroll devance Alonso en qualifications. Entre ces deux dates, Alonso avait systématiquement battu Stroll à 42 reprises consécutives. En Formule 1 (F1), les qualifications déterminent l'ordre de départ des pilotes pour la course. Les monoplaces utilisées par les coéquipiers sont strictement identiques, ce qui permet de comparer objectivement leurs performances. Un écart de performance aussi marqué est généralement un signe d'incompétence pour le pilote dominé, souvent synonyme de licenciement.
Depuis leur association en 2023, Fernando Alonso a dominé Lance Stroll dans 73 des 83 séances de qualifications, soit près de 88 % des cas. Les chiffres sont encore plus parlants année par année : en 2023, Alonso a battu Stroll 19 fois contre 3, en 2024 19 fois contre 5, et en 2025 24 fois contre 0. En 2026, jusqu'à présent, Alonso mène 11 à 2. Cette domination est d'autant plus remarquable que Alonso, champion du monde à deux reprises, est un pilote d'expérience ayant dépassé la quarantaine. En F1, un pilote qui se fait régulièrement dominer par son coéquipier sur des monoplaces identiques est considéré comme un risque pour l'écurie, car ses performances ne justifient pas sa place en compétition.
Lance Stroll bénéficie d'une protection exceptionnelle au sein de l'écurie Aston Martin, propriété de son père, Lawrence Stroll, qui en est le PDG et copropriétaire. Cette situation est unique en F1, où les pilotes sont généralement évalués sur leurs performances et peuvent être remplacés rapidement en cas de résultats insuffisants. Stroll, en 10 saisons en F1, a été dominé par tous ses coéquipiers réguliers : Felipe Massa (17-2 en 2017), Sergey Sirotkin (12-8 en 2018), Sergio Perez (21-10 en 2019-2020) et Sebastian Vettel (28-16 en 2021-2022). Malgré ces résultats, il conserve son siège, ce qui illustre l'influence de son père dans l'écurie. Cette protection déraisonnable est un cas isolé dans le sport automobile.
L'article interroge la culture organisationnelle d'Aston Martin, une écurie qui semble tolérer des performances médiocres de la part de Lance Stroll malgré des résultats collectifs désastreux. Dans le sport, les organisations performantes se distinguent par leur exigence, leur préparation rigoureuse et une communication transparente. À Aston Martin, tous les employés constatent les lacunes de Stroll, mais il est peu probable que son père, Lawrence Stroll, reçoive des critiques internes à son égard. Cette situation pourrait avoir des conséquences négatives sur le moral et l'engagement des autres membres de l'écurie, notamment en période de difficultés techniques comme celle vécue en 2025, où le moteur fourni par Honda était de mauvaise qualité.
La domination d'Alonso sur Stroll en qualifications (88 %) est comparable à celle de Max Verstappen sur ses coéquipiers chez Red Bull en 2025, où Verstappen a battu Yuki Tsunoda 22 fois contre 0 et Liam Lawson 2 fois contre 0. Cependant, contrairement à Stroll, Tsunoda et Lawson n'ont pas bénéficié d'une protection familiale et ont été remplacés à la fin de la saison en raison de leurs résultats insuffisants. En F1, les pilotes payants ou peu performants sont souvent évincés, comme l'a montré l'exemple de Tsunoda, soutenu par Honda mais finalement licencié. Cette logique s'applique rarement à Stroll, dont la position reste intouchable malgré ses performances.

