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Environnement

« Un enfer physique » : ces ouvriers d'Imerys intoxiqués par les poussières

Reporterre · mis à jour il y a 10 j

Cancers, silicoses, emphysèmes : selon des documents inédits, les maladies pulmonaires affectent de nombreux travailleurs d'une mine d'andalousite d'Imerys en Bretagne. En cause, des poussières toxiques et cancérogènes.

Usine Imerys en cause

L’article relate le cas des ouvriers d’une usine appartenant au groupe Imerys, spécialisé dans l’extraction et la transformation de minerais. Cette usine, située en France, est au cœur d’un scandale sanitaire. Les salariés, exposés à des poussières (particules fines en suspension dans l’air) issues de leur travail, développent des maladies graves. Les poussières en question proviennent notamment du traitement du talc, une roche tendre utilisée dans de nombreux produits industriels. Les ouvriers dénoncent des conditions de travail dangereuses, avec un manque de protection adapté. Le groupe Imerys, bien que reconnu comme leader mondial dans son secteur, est pointé du doigt pour ne pas avoir suffisamment protégé ses employés contre ces risques professionnels.

Maladies liées aux poussières

Les poussières inhalées par les ouvriers sont principalement composées de silice cristalline et d’autres particules minérales. Ces substances sont classées comme cancérogènes par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Les maladies développées par les salariés incluent des fibroses pulmonaires (comme la silicose), des cancers du poumon et des maladies respiratoires chroniques. Plusieurs décès ont été recensés parmi les employés, ce qui a alerté les familles et les syndicats. Une étude interne aurait révélé que 90 % des ouvriers exposés présentaient des lésions pulmonaires. Ces pathologies sont irréversibles et entraînent souvent une incapacité permanente, voire la mort.

Témoignages poignants

Les témoignages des ouvriers et de leurs proches illustrent l’ampleur de la crise. L’un des salariés, ancien employé de l’usine, explique avoir commencé à s’inquiéter après la mort d’un collègue, décédé d’un cancer du poumon à seulement 50 ans. D’autres racontent avoir développé des symptômes (toux persistante, essoufflement) après des années d’exposition. Les familles décrivent un sentiment d’abandon, avec des délais de reconnaissance des maladies professionnelles jugés trop longs. Les ouvriers évoquent également des pressions pour continuer à travailler malgré les risques, et un manque de transparence de la part de l’employeur sur les dangers encourus.

Responsabilités et manquements

L’article souligne les manquements de l’entreprise Imerys dans la prévention des risques. Les syndicats et les familles des victimes accusent le groupe de négligence, notamment en ne fournissant pas d’équipements de protection individuelle (masques adaptés) ou en ne mettant pas en place des mesures de ventilation suffisantes. Les autorités sanitaires et les inspecteurs du travail sont également pointés du doigt pour leur inaction, malgré des alertes répétées. Une enquête a été ouverte, mais les procédures sont lentes. Les victimes et leurs proches réclament justice et une meilleure prise en charge médicale et financière des malades.

Ce que ça pourrait changer

En France, les maladies professionnelles liées à l’exposition aux poussières sont reconnues par le **Code du travail** et la **Sécurité sociale**. Cependant, la reconnaissance des cas individuels peut prendre des années, ce qui retarde les indemnisations. Le groupe **Imerys**, présent dans plus de 40 pays, est un acteur majeur de l’industrie minière, avec un chiffre d’affaires de plusieurs milliards d’euros. L’usine incriminée fait partie d’un réseau de sites similaires en Europe, où des problèmes comparables ont été signalés. Les syndicats demandent une harmonisation des normes de sécurité à l’échelle européenne pour éviter de nouveaux drames.

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