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Géopolitique

En Grèce, ces rares régions qui résistent au déclin démographique

Courrier International · mis à jour 28 sept.

Une nouvelle étude fait état d’une baisse vertigineuse des naissances en Grèce, mais quelques rares régions résistent à cette tendance. Pourraient-elles montrer la voie à suivre au reste du pays ?.

Chute brutale des naissances

Entre 2009 et 2024, la Grèce a connu une baisse spectaculaire de 42 % du nombre de naissances, passant de 117 000 à 67 000 par an. Cette diminution reflète des changements structurels profonds : moins de femmes en âge de procréer, des familles ayant moins d’enfants et un report de l’âge de la maternité. Le chercheur Byron Kotzamanis, de l’Institut de recherches démographiques, souligne que ces tendances s’expliquent par des facteurs économiques, sociaux et liés aux services publics. Le coût élevé de l’éducation des enfants, variable selon les régions, joue un rôle clé dans cette évolution. Cette situation alerte les médias grecs, comme le quotidien Ta Nea, qui parle d’un « effondrement » démographique en seulement quinze ans.

Régions les plus touchées

Les régions du nord et du centre de la Grèce subissent les baisses les plus marquées, avec une chute de 50 % des naissances dans des zones comme Kozáni et Flórina, en Macédoine-Occidentale, ainsi qu’en Eurytanie, en Grèce-Centrale. Ces territoires, souvent éloignés des grands centres urbains, cumulent des difficultés économiques et un manque d’opportunités locales. Les facteurs identifiés incluent l’exode rural, le vieillissement de la population et l’absence d’emplois stables, ce qui pousse les jeunes à quitter ces régions. Cette situation aggrave le déclin démographique, déjà accentué par le faible taux de natalité national.

Îles et archipels résistants

Certaines îles grecques, comme Naxos dans les Cyclades ou des zones du Dodécanèse et de Crète, résistent au déclin démographique. Ces territoires enregistrent même une augmentation de leur population, selon le dernier recensement. Leur succès s’explique par une économie locale diversifiée, combinant tourisme, agriculture et services permanents. La Crète illustre ce dynamisme : dans trois de ses quatre préfectures, le nombre de naissances dépasse désormais celui des décès. Les habitants soulignent la qualité de vie, les opportunités d’emploi et un coût de la vie souvent inférieur à celui des grandes villes, attirant ainsi de nouveaux résidents.

Clés du succès local

Le maintien de la population dans certaines régions grecques repose sur plusieurs piliers. D’abord, une économie locale solide, qui ne dépend pas uniquement du tourisme saisonnier mais aussi de la production primaire (agriculture, pêche) et de services adaptés à une population sédentaire. Ensuite, des conditions de vie attractives : un cadre naturel préservé, des loyers abordables et des emplois stables. À Naxos ou en Crète, les visiteurs et travailleurs temporaires choisissent souvent de s’y installer définitivement après avoir constaté ces avantages. Le maire de Réthymnon, Giorgos Marinakis, évoque ainsi l’attrait d’une vie « meilleure que dans une grande ville ».

Ce que ça pourrait changer

La Grèce a perdu 700 000 habitants entre 2010 (11,1 millions) et 2025 (10,4 millions), un déclin qui s’accélère. Pourtant, l’étude de Byron Kotzamanis révèle des disparités régionales marquées : certaines zones se dépeuplent, tandis que d’autres résistent, voire croissent. Cette carte contrastée suggère que des solutions locales existent. Les médias comme *Proto Thema* y voient une lueur d’espoir, soulignant que le problème démographique n’est pas uniforme. Pour le pays, ces régions modèles pourraient inspirer des politiques publiques ciblées, combinant soutien économique, services publics et attractivité territoriale.

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