Après les accusations de viol collectif à l’université Cornell, une chasse à l’homme numérique
Un étudiant supposément sud-coréen, figurant parmi les sept hommes accusés du viol collectif d’une étudiante à l’université Cornell, aux États-Unis, en octobre 2024, fait l’objet d’une intense enquête menée par des internautes, à laquelle les “Netizens”, les “citoyens du net” sud-coréens, sont notamment incités à participer..
En octobre 2024, une étudiante d’une vingtaine d’années de l’université Cornell, aux États-Unis, affirme avoir été victime d’un viol collectif perpétré par sept membres de la fraternité Chi Phi sur le campus. Selon les rapports de l’agence de presse AP, la jeune femme était dans l’incapacité de réagir après avoir consommé de la kétamine, de la marijuana et de l’alcool sous la contrainte. Aucune poursuite pénale n’avait été engagée initialement, mais la victime a déposé une plainte le 16 septembre 2026, ce qui a conduit à la réouverture de l’enquête. L’université Cornell, une institution privée située à Ithaca dans l’État de New York, est au cœur de cette affaire qui soulève des questions sur la gestion des violences sexuelles dans les établissements d’enseignement supérieur américains.
Parmi les sept accusés figure Winston L., présenté comme un étudiant sud-coréen. Le 29 septembre 2026, le journal étudiant Cornell Daily Sun a publié à sa une les noms des sept hommes mis en cause, critiquant la réponse jugée trop passive et peu transparente de l’université. Cette publication a déclenché une vague de réactions sur les réseaux sociaux, notamment aux États-Unis et en Corée du Sud. Des internautes américains ont sollicité l’aide des Netizens sud-coréens, une communauté ultraconnectée et influente, pour retrouver Winston L. et recueillir des informations sur son parcours. Certains internautes ont spéculé sur son éventuel service militaire en Corée du Sud ou sur sa présence récente sur le campus de Cornell.
Une véritable chasse à l’homme numérique s’est organisée en ligne pour retrouver Winston L. Les Netizens sud-coréens, connus pour leur mobilisation rapide et leur capacité à faire pression sur les réseaux sociaux, sont sollicités pour aider à reconstituer son parcours. Leur rôle est de vérifier des informations comme sa nationalité réelle, son éventuel service militaire obligatoire en Corée du Sud (un service de 18 à 21 mois pour les hommes sud-coréens), ou encore son identité sous un autre nom. Certains commentaires en ligne décrivent les Netizens comme des chasseurs impitoyables capables de punir les leurs, illustrant la pression sociale et morale qui s’exerce sur les accusés dans ce type d’affaires en Corée du Sud.
Les médias sud-coréens, comme le *Korea Times* et le *Kyunghyang Shinmun*, jouent un rôle clé dans la diffusion des informations et des spéculations autour de cette affaire. Le *Korea Times* souligne que la nationalité de Winston L. est un élément central, car elle suggère qu’il pourrait utiliser un pseudonyme ou un nom différent de son nom légal en coréen. Cette chasse numérique s’inscrit dans un contexte plus large où les réseaux sociaux amplifient les affaires de violences sexuelles, comme le mouvement *#MeToo*, qui a déjà mis en lumière des cas similaires impliquant des fraternités étudiantes aux États-Unis. L’enquête en cours dépendra des preuves recueillies, mais cette mobilisation en ligne pourrait influencer la perception publique et les décisions judiciaires.

