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Une entreprise européenne veut concurrencer Nvidia et Samsung vient d’investir massivement

Presse-Citron · mis à jour il y a 5 j

Euclyd veut concurrencer Nvidia en proposant une solution européenne pour faire tourner l'intelligence artificielle. Et celui-ci vient de lever 200 millions d'euros lors d'un tour de financement mené par Samsung et d'autres investisseurs..

Euclyd défie Nvidia

Euclyd, une startup néerlandaise spécialisée dans les puces pour l’intelligence artificielle (IA), annonce vouloir concurrencer Nvidia, leader mondial du secteur. Pour y parvenir, elle vient de lever 200 millions d’euros lors d’un tour de financement mené par Samsung et d’autres investisseurs. Cette levée de fonds, appelée série A, permet à une entreprise de financer son développement après sa création. Euclyd se positionne comme une alternative européenne aux puces américaines de Nvidia, en misant sur des technologies plus efficaces et moins énergivores. La startup développe notamment une puce nommée Craftwerk et une plateforme appelée craftwerk station CWS, présentée comme la première usine d’IA exascale à faible consommation énergétique. Un exascale désigne une capacité de calcul équivalente à un milliard de milliards d’opérations par seconde, un niveau de performance nécessaire pour les applications d’IA les plus avancées. L’objectif est de rendre l’IA plus accessible et moins coûteuse en énergie, tout en réduisant la dépendance de l’Europe aux technologies étrangères.

Samsung investit 200M€

Parmi les investisseurs majeurs de cette levée de fonds figure Samsung, le géant sud-coréen de l’électronique, qui a joué un rôle clé dans le financement des 200 millions d’euros. Samsung n’apporte pas seulement des fonds, mais aussi une expertise technologique et industrielle. Bernardo Kastrup, le PDG d’Euclyd, souligne que Samsung est l’un des plus grands fabricants mondiaux de mémoire pour puces électroniques, avec une maîtrise des systèmes et des chaînes d’approvisionnement. Cette collaboration pourrait accélérer le développement des produits d’Euclyd et faciliter leur commercialisation. Par ailleurs, Peter Wennink, ancien dirigeant d’ASML – une entreprise néerlandaise spécialisée dans les machines de fabrication de puces et quasi-monopole mondial dans ce domaine – devient président d’Euclyd. Son expérience renforce la crédibilité de la startup auprès des investisseurs et des clients potentiels.

Technologie européenne

Euclyd se présente comme une solution européenne pour l’IA, un secteur dominé par des entreprises américaines comme Nvidia ou des acteurs chinois. L’Union européenne cherche à réduire sa dépendance technologique en développant ses propres infrastructures. La plateforme craftwerk station CWS d’Euclyd promet une efficacité énergétique record, un critère crucial pour les centres de données qui consomment des quantités colossales d’électricité. Selon Bernardo Kastrup, cette technologie permettrait de diminuer le coût par jeton, une métrique qui mesure le prix de traitement d’une requête d’IA. Les 200 millions d’euros levés serviront à recruter des ingénieurs, accélérer la recherche et préparer le déploiement commercial des puces et plateformes d’Euclyd. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de l’UE pour renforcer son autonomie technologique dans un domaine stratégique.

Ce que ça pourrait changer

Nvidia domine actuellement le marché des puces pour l’IA, mais sa position est contestée par d’autres acteurs. Google a développé ses propres puces pour ses centres de données, tandis qu’OpenAI, créateur de ChatGPT, a conçu la puce *Jalapeño* pour réduire sa dépendance à Nvidia. Ces initiatives montrent une tendance à la diversification des sources d’approvisionnement en puces, jugées trop stratégiques pour être contrôlées par un seul acteur. Euclyd s’ajoute à cette liste de concurrents, avec l’avantage d’une localisation européenne. Son approche se distingue par un accent mis sur l’efficacité énergétique, un enjeu majeur pour l’industrie technologique face aux critiques sur son empreinte carbone. La startup néerlandaise pourrait ainsi séduire les entreprises et gouvernements soucieux de concilier innovation et durabilité.

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