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Géopolitique

Guerre au Yémen : pourquoi les combats reprennent-ils ?

Courrier International · mis à jour il y a 11 j

Les combats prennent de plus en plus d’ampleur au Yémen, faisant craindre la fin définitive du cessez-le-feu de 2022. S’il n’avait rien réglé sur le fond, le fragile calme qu’il avait apporté était un soulagement pour la population.

Contexte de la guerre

Le Yémen est en proie à une guerre qui a repris de plus belle en juillet 2026, mettant fin au cessez-le-feu fragile en vigueur depuis 2022. Ce conflit oppose principalement deux camps : d’un côté, les houthistes, un groupe armé chiite qui contrôle depuis 2014 la capitale Sanaa et une grande partie du pays ; de l’autre, le gouvernement yéménite reconnu internationalement, soutenu par l’Arabie saoudite. Ce cessez-le-feu avait permis une accalmie relative, mais il n’avait pas résolu les tensions de fond entre ces acteurs. Depuis le début septembre 2026, les combats se sont intensifiés, causant plus de 500 morts en un mois, principalement parmi les combattants, et provoquant des déplacements massifs de civils. Les houthistes ont lancé des offensives contre les forces progouvernementales, tandis que l’Arabie saoudite, jusqu’alors en retrait, a été directement touchée par des attaques de missiles et de drones houthistes visant ses infrastructures pétrolières.

Les acteurs clés

Les deux principaux belligérants sont les houthistes et le gouvernement yéménite reconnu. Les houthistes, dirigés par un groupe chiite zaydite (une branche spécifique du chiisme), sont alliés à l’Iran et forment ce qu’on appelle l’axe de résistance iranien, aux côtés du Hezbollah libanais et de milices irakiennes. Leur objectif est de renforcer leur pouvoir face à l’Arabie saoudite, notamment en contrôlant le détroit de Bab El-Mandeb, une route maritime stratégique pour les exportations saoudiennes de pétrole. De leur côté, le gouvernement yéménite, dirigé par Rachad Al-Alimi et soutenu par l’Arabie saoudite, cherche à reprendre le contrôle de Sanaa et de l’ensemble du territoire. Ce gouvernement est composé de diverses factions, dont des groupes salafistes, des nostalgiques de l’ancien régime de Ali Abdallah Saleh, et des milices soutenues par les Émirats arabes unis. Cependant, ces factions ne sont pas toujours alignées, ce qui complique leur coordination contre les houthistes.

Rôle de l’Arabie saoudite

L’Arabie saoudite joue un rôle central dans ce conflit, bien qu’elle ait tenté de s’en éloigner ces dernières années. Elle soutient militairement et politiquement le gouvernement yéménite, tout en étant directement visée par les attaques houthistes. En septembre 2026, des missiles et drones houthistes ont frappé des installations pétrolières saoudiennes, faisant 73 blessés. En réponse, l’Arabie saoudite a mené une quarantaine de frappes aériennes, les plus importantes depuis 2022. Ce regain d’activité montre que le conflit au Yémen reste un enjeu majeur pour Riyad, qui voit dans les houthistes une menace à ses intérêts économiques et sécuritaires. Les tensions entre l’Arabie saoudite et l’Iran, qui soutient les houthistes, s’expriment ainsi par procuration sur le sol yéménite.

Causes de la reprise des combats

Plusieurs facteurs expliquent la reprise des combats en juillet 2026. Pour les houthistes, il s’agit de consolider leur pouvoir et de renforcer leur position face à l’Arabie saoudite, notamment en contrôlant des zones stratégiques comme le détroit de Bab El-Mandeb. Pour le gouvernement yéménite, soutenu par l’Arabie saoudite, cette reprise des hostilités représente une opportunité de reprendre Sanaa et de mettre fin à la domination houthiste. Les deux camps semblent convaincus que la force militaire peut résoudre un conflit qui dure depuis plus d’une décennie. Selon Farea Al-Muslimi, un spécialiste du Yémen, cette croyance dans l’efficacité de la force est une illusion dangereuse, car elle risque d’aggraver la crise humanitaire déjà catastrophique dans le pays.

Ce que ça pourrait changer

La reprise des combats a des conséquences dramatiques pour la population civile yéménite. Depuis le début septembre 2026, plus de 500 personnes sont mortes dans les affrontements, et des vagues de déplacements forcés ont été signalées. Les médias locaux rapportent que des civils sont contraints de fuir les zones de combat, aggravant une crise humanitaire déjà très grave. Le Yémen, l’un des pays les plus pauvres au monde, souffre depuis des années d’une guerre qui a détruit ses infrastructures, provoqué des famines et une épidémie de choléra. Une relance totale du conflit risquerait d’aggraver encore cette situation, avec des répercussions régionales, notamment pour les pays voisins comme l’Arabie saoudite, déjà touchée par les attaques houthistes.

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