L’exécution d’une femme aux États-Unis a échoué, selon son avocat
La condamnée, Christa Pike, a été hospitalisée après avoir survécu à l'injection létale..
L'exécution de Christa Pike, prévue le 1er octobre 2026 dans l'État du Tennessee aux États-Unis, a échoué selon ses avocats. La condamnée a survécu à l'injection létale, technique utilisée pour appliquer la peine de mort, et a dû être hospitalisée après avoir continué à respirer et à ronfler de manière audible malgré les deux injections censées la tuer. Les autorités pénitentiaires n'ont pas commenté cet incident. Cette exécution devait être la première d'une femme dans le Tennessee depuis plus de 200 ans. Les avocats de Christa Pike ont dénoncé des problèmes techniques comme des difficultés d'accès aux veines, des veines rompues, un produit chimique dégradé et l'absence de soins médicaux d'urgence adaptés. Ils critiquent également le manque de transparence du protocole utilisé.
La Cour suprême des États-Unis, composée majoritairement de juges conservateurs, a autorisé l'exécution de Christa Pike le 1er octobre 2026, annulant ainsi un sursis accordé quelques heures plus tôt par une cour d'appel fédérale. Cette dernière avait tenté de suspendre l'exécution pour étudier un recours de la défense visant à prendre en compte les violences sexuelles subies par Christa Pike dans son enfance. L'État du Tennessee avait reconnu ces violences lors d'une audience en août 2026, sans pour autant modifier sa décision. Christa Pike, âgée de 50 ans, a été condamnée pour le meurtre de Colleen Slemmer en 1995, alors qu'elle avait 18 ans. Ses deux complices, également adolescents, ont échappé à la peine de mort.
La peine de mort (capital punishment en anglais) est une sanction judiciaire qui consiste à exécuter une personne reconnue coupable d'un crime grave. Aux États-Unis, elle est appliquée par injection létale depuis 1976, année du rétablissement de cette peine après une période d'interdiction. Depuis cette date, 18 femmes ont été exécutées dans le pays, soit moins de 1 % des exécutions totales. L'exécution de Christa Pike devait être la 30e de l'année 2026 aux États-Unis, dont 16 réalisées en Floride. En 2025, 47 exécutions avaient été recensées, un chiffre en hausse par rapport aux années précédentes. La peine de mort est abolie dans 23 États américains, tandis que trois autres, la Californie, l'Oregon et la Pennsylvanie, observent un moratoire, c'est-à-dire une suspension des exécutions décidée par le gouverneur.
Christa Pike a été condamnée pour le meurtre de Colleen Slemmer, 19 ans, en 1995, alors qu'elle participait à un programme de formation professionnelle à Knoxville. Elle avait 18 ans au moment des faits. Ses avocats affirment que sa défense lors du procès en 1996 n'a pas suffisamment pris en compte les circonstances atténuantes, comme les traumatismes et les violences, notamment sexuelles, subies depuis son enfance. Christa Pike a été diagnostiquée tardivement pour un trouble bipolaire et un stress post-traumatique lié à ces violences. En septembre 2026, des experts mandatés par l'ONU ont appelé à suspendre son exécution et à commuer sa peine. Le gouverneur républicain du Tennessee, Bill Lee, a rejeté les demandes de clémence malgré les appels d'organisations de défense des droits de la personne, comme Amnesty International.
L'échec de l'exécution de Christa Pike a suscité des réactions de la part de ses avocats, qui dénoncent un protocole opaque et des conditions d'application de la peine de mort inadéquates. Ils soulignent notamment les difficultés techniques rencontrées, comme l'accès aux veines et la qualité du produit utilisé. Les défenseurs des droits de la personne, ainsi que des experts internationaux, avaient déjà alerté sur les risques liés à cette exécution en raison du passé traumatique de Christa Pike. En 2023, Amber McLaughlin était devenue la première femme transgenre exécutée aux États-Unis, dans le Missouri. La peine de mort reste un sujet de débat aux États-Unis, où son application varie selon les États et les gouvernements en place.

