Greenpeace attaque EDF sur ses envois d'uranium en Russie
Greenpeace attaque EDF sur ses relations atomiques avec la Russie. Le 15 septembre, l' ONG a adressé une mise en demeure à l'énergéticien français dans le cadre de la législation sur le devoir de vigilance.
L'organisation non gouvernementale Greenpeace a adressé une mise en demeure à EDF (Électricité de France), le géant français de l'électricité. Une mise en demeure est une lettre officielle qui exige une action ou un changement sous peine de poursuites judiciaires. EDF est accusé d'entretenir des relations commerciales avec la Russie, un pays sous sanctions internationales depuis l'invasion de l'Ukraine en février 2022. Greenpeace reproche à EDF d'importer de l'uranium russe pour alimenter ses centrales nucléaires en France. L'uranium est un minerai radioactif utilisé comme combustible dans les réacteurs nucléaires pour produire de l'électricité.
EDF utilise de l'uranium enrichi pour faire fonctionner ses 56 réacteurs nucléaires répartis dans 18 centrales en France. Une partie de cet uranium provient de Russie, un pays qui représente environ 15 % des approvisionnements d'EDF. L'enrichissement est un processus qui augmente la concentration d'un isotope de l'uranium (l'uranium 235) pour le rendre utilisable dans les réacteurs. Greenpeace souligne que ces importations maintiennent des liens économiques avec un pays en guerre, ce qui est controversé d'un point de vue éthique et politique. EDF n'a pas encore réagi publiquement à cette mise en demeure.
Depuis 2022, l'Union européenne et plusieurs pays occidentaux ont imposé des sanctions à la Russie pour limiter son financement de la guerre en Ukraine. Ces sanctions visent notamment les secteurs de l'énergie, de la finance et de l'industrie. Cependant, l'uranium n'est pas directement concerné par ces restrictions, ce qui permet à EDF de continuer à importer ce combustible depuis la Russie. Cette situation illustre une dépendance énergétique : la France, malgré son parc nucléaire développé, reste partiellement tributaire de fournisseurs étrangers pour son approvisionnement en uranium.
Greenpeace justifie son action par plusieurs arguments. D'abord, l'organisation considère que l'importation d'uranium russe finance indirectement la guerre en Ukraine, car les revenus tirés de ces exportations contribuent au budget de l'État russe. Ensuite, Greenpeace rappelle que la Russie est un acteur majeur dans l'extraction et l'enrichissement de l'uranium, avec des entreprises comme Rosatom, le géant public russe du nucléaire. Enfin, l'ONG souligne que la France, qui se présente comme un leader de la transition énergétique, ne peut pas ignorer les implications éthiques de ses choix d'approvisionnement.
EDF n'a pas encore répondu officiellement à la mise en demeure de Greenpeace. La situation soulève des questions sur l'avenir de l'approvisionnement en uranium de la France. Plusieurs alternatives existent, comme l'extraction locale (notamment en France ou au Niger) ou l'importation depuis d'autres pays comme le Kazakhstan ou le Canada. Cependant, ces solutions nécessitent des investissements et des délais. Greenpeace appelle EDF à rompre immédiatement ses contrats avec la Russie et à se tourner vers des sources d'uranium plus éthiques et durables. L'issue de ce conflit dépendra des décisions judiciaires ou des négociations entre les parties.

