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TGV d’Alto : « On fait face à des vendeurs de chars », lance l’UPA

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 5 j

L'UPA demande au ministre fédéral des Transports, Steven MacKinnon, de suspendre le projet immédiatement..

UPA contre TGV Alto

L’Union des producteurs agricoles (UPA), qui représente les agriculteurs québécois, demande l’arrêt immédiat du projet de train à grande vitesse (TGV) Québec-Toronto porté par l’entreprise publique Alto. Dans une lettre adressée au ministre canadien des Transports, Steven MacKinnon, l’UPA compare les représentants d’Alto à des vendeurs de chars, une expression qui souligne leur insistance à promouvoir un projet jugé démesuré et peu transparent. Le président de l’UPA, Martin Caron, critique l’empressement du gouvernement fédéral, estimant que le projet menace les milieux agricoles et forestiers ainsi que les communautés rurales situées le long du tracé prévu. Ce tracé, encore en discussion, pourrait toucher environ 1 700 propriétés entre Montréal et Ottawa, dont au moins 500 terres agricoles, avec une emprise de 60 mètres sur toute la longueur du parcours.

Coûts et risques financiers

L’UPA remet en question la viabilité économique du TGV, soulignant que le coût estimé par Alto (entre 60 et 90 milliards de dollars) est une simple hypothèse de travail. Selon Martin Caron, le budget final pourrait atteindre 150 milliards de dollars, voire plus, en raison des incertitudes inhérentes à un projet d’une telle envergure. Il cite l’exemple du TGV en Californie, où les dépassements de coûts ont été significatifs, pour illustrer les risques financiers. L’UPA exige donc plus de transparence et une étude indépendante comparant le TGV à d’autres options, comme un train à grande fréquence (TGF), moins coûteux et moins invasif pour les terres agricoles.

Alternative au TGV proposée

Face aux inquiétudes des agriculteurs, l’UPA propose une alternative : le train à grande fréquence (TGF), qui utiliserait des voies existantes pour les voyageurs. Ce type de train offrirait des gains en fiabilité, fréquence et temps de parcours, tout en limitant l’impact sur les terres agricoles. L’organisation demande au gouvernement de produire une étude comparative indépendante évaluant les coûts, les risques, les retombées économiques et les impacts territoriaux des deux options. Selon l’UPA, une telle étude pourrait révéler que le TGF est plus avantageux pour le Québec, tant sur le plan économique que social.

Relations tendues avec Alto

Les relations entre l’UPA et Alto sont très tendues. L’UPA a quitté les discussions avec Alto en cours d’année, estimant que le projet n’était pas suffisamment préparé. Charles-Félix Ross, directeur général de l’UPA, a déclaré que le gouvernement fédéral s’entêtait à imposer le TGV sans prouver ses bénéfices. Il a également souligné que de nombreux pays modernes n’ont pas de TGV, remettant en cause la nécessité de ce projet. L’UPA conditionne la reprise des pourparlers à des études indépendantes et à une meilleure justification des avantages du TGV pour la société québécoise.

Réponse d’Alto aux critiques

Alto, la société d’État fédérale porteuse du projet, a réagi aux critiques de l’UPA en invitant les producteurs agricoles à participer aux consultations à venir. Caroline Des Rosiers, porte-parole d’Alto, affirme que l’organisation a déjà rencontré plus de 10 000 personnes et reçu 20 000 commentaires. Alto promet de présenter un corridor raffiné pour le segment Montréal-Ottawa à l’automne 2026 et de tenir d’autres consultations. Sur le morcellement des terres agricoles, Alto assure qu’elle aménagera des passages pour préserver les routes et les liaisons locales, s’inspirant de modèles étrangers comme la France ou l’Espagne.

Ce que ça pourrait changer

Alto défend le TGV en affirmant qu’il offre un meilleur retour sur investissement qu’un train à grande fréquence (TGF). Selon l’entreprise, le TGV générerait une hausse annuelle du PIB canadien de 1,1 %, soit 24,5 milliards de dollars, contre un impact bien moindre pour le TGF. Alto précise que le coût initial du TGV est 20 à 30 % plus élevé que celui du TGF, mais que cet écart est compensé par les retombées économiques. L’entreprise ajoute que le TGF nécessiterait une infrastructure ferroviaire substantielle, entraînant aussi des impacts sur le territoire, mais avec des bénéfices limités en termes de temps de trajet et de mobilité.

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