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Généraliste

Éric Duhaime attaque Charles Milliard sur l’immigration

Le Devoir · mis à jour il y a 16 j

Le PLQ doit prendre position sur le rapatriement de pouvoirs en immigration, selon le chef du PCQ..

Conflit politique au Québec

Deux chefs politiques québécois s’affrontent publiquement sur la question de l’immigration. Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), critique Charles Milliard, chef du Parti libéral du Québec (PLQ), pour son manque de clarté sur une réforme de l’immigration. Duhaime reproche à Milliard de ne pas avoir pris position clairement sur le rapatriement des pouvoirs en immigration, c’est-à-dire le transfert de certaines compétences du gouvernement fédéral canadien vers le gouvernement du Québec. Selon Duhaime, le PLQ devrait se prononcer sur cette question, car tous les autres partis politiques québécois y seraient favorables. Le conflit s’inscrit dans un débat plus large sur l’autonomie du Québec au sein du Canada.

Référendum albertain

Le débat fait suite aux résultats d’un référendum tenu en Alberta, une province canadienne, où les électeurs ont rejeté à plus de 75 % l’idée de tenir un référendum sur l’indépendance de leur province. Cependant, lors de ce même scrutin, une autre question a été posée : celle de l’acquisition de davantage de pouvoirs en immigration. Les Albertains ont répondu favorablement à cette proposition à 56 %. Pour Éric Duhaime, ces résultats montrent une volonté des provinces canadiennes de prendre en main davantage de compétences, notamment en matière d’immigration. Il voit dans cette situation une opportunité pour le Québec de revendiquer lui aussi plus de contrôle sur ce dossier.

Positions des partis

Éric Duhaime, du PCQ, demande que le Québec obtienne l’ensemble des pouvoirs en matière d’immigration, une compétence actuellement partagée entre le gouvernement fédéral et le gouvernement québécois. Charles Milliard, du PLQ, a quant à lui proposé lors de la campagne électorale de 2026 que le Québec obtienne uniquement le contrôle total sur les travailleurs temporaires, une catégorie d’immigrants autorisés à travailler au Canada pour une durée limitée. Milliard a également publié un message sur la plateforme X (anciennement Twitter) pour souligner son attachement à la fédération canadienne, affirmant que le Canada est « l’envie du monde » et que la fédération constitue la meilleure option pour les Québécois.

Répartition actuelle des pouvoirs

Au Québec, l’immigration est une compétence partagée entre Ottawa et Québec. Le gouvernement québécois détermine ses propres objectifs pour les immigrants dits permanents, c’est-à-dire ceux qui s’installent définitivement au Canada. Il contrôle également une partie du programme des travailleurs temporaires, en collaboration avec le gouvernement fédéral. De son côté, Ottawa gère les dossiers des réfugiés, des demandeurs d’asile (personnes fuyant des persécutions dans leur pays) et du programme de réunification familiale (qui permet aux immigrants de faire venir leur famille proche). Cette répartition des rôles montre que le Québec a déjà une certaine autonomie, mais que des pouvoirs supplémentaires pourraient lui être transférés.

Ce que ça pourrait changer

Le débat sur le rapatriement des pouvoirs en immigration touche à des questions sensibles pour le Québec. D’un côté, une prise de contrôle totale ou partielle par le Québec pourrait permettre une meilleure adaptation des politiques d’immigration aux besoins spécifiques de la province, comme la langue ou l’intégration économique. De l’autre, une centralisation trop forte au niveau fédéral pourrait limiter cette flexibilité. Éric Duhaime insiste sur le fait que tous les partis politiques québécois, sauf le PLQ, seraient d’accord pour revendiquer plus d’autonomie. Ce conflit illustre les tensions persistantes entre le Québec et le gouvernement fédéral canadien sur la question de l’autonomie provinciale.

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