Au Québec, les indépendantistes de retour au pouvoir
Avec environ 28 % des voix, selon des résultats quasi définitifs, le Parti Québécois ne disposera pas de la majorité absolue, ce qui pourrait compliquer la mise en œuvre de son programme. Pour la presse canadienne, le Canada doit toutefois se préparer à un nouveau chapitre mouvementé sur la question de l’unité du pays..
Le Parti Québécois (PQ), un parti politique québécois défendant l'indépendance du Québec par rapport au Canada, a remporté les élections provinciales du 5 octobre 2026 avec environ 28 % des voix. Ce résultat met fin à plus de douze ans passés dans l'opposition, où le parti était dirigé par Paul St-Pierre Plamondon. Le PQ, qui prônait notamment la tenue d'un référendum sur la souveraineté du Québec, a obtenu le plus grand nombre de voix dans une soixantaine des 127 circonscriptions de la province. Cependant, il ne dispose pas de la majorité absolue, ce qui limite sa capacité à appliquer son programme sans négocier avec d'autres partis.
La Coalition avenir Québec (CAQ), le parti de la première ministre sortante Christine Fréchette, a subi une défaite cuisante lors de ces élections. Le parti, qui était au pouvoir depuis plusieurs années, a été qualifié de « rayé de la carte » par la presse québécoise. Cette défaite s'explique en partie par l'inquiétude des électeurs face aux conséquences d'une guerre tarifaire entre le Canada et les États-Unis, ainsi que par leur opposition à la promesse du PQ de tenir un référendum sur l'indépendance du Québec. Christine Fréchette n'a pas réussi à rallier les indépendantistes modérés ni à convaincre les électeurs des bienfaits de sa gestion.
Avec seulement 28 % des voix, le PQ ne dispose pas des 64 sièges nécessaires pour former un gouvernement majoritaire à l'Assemblée nationale du Québec. Cette situation, appelée gouvernement minoritaire, signifie que le parti devra négocier avec les autres formations politiques représentées, comme le Parti libéral du Québec (PLQ), le Parti conservateur du Québec (PCQ) et Québec solidaire (QS), pour faire adopter ses lois. Sans alliance, le gouvernement pourrait être contraint à de nouvelles élections avant 2030, date prévue pour le prochain scrutin. Les engagements phares du PQ, tels que l'abolition de Santé Québec ou la tenue d'un référendum sur la souveraineté, risquent de ne pas être appliqués sans compromis.
Lors de son discours de victoire, Paul St-Pierre Plamondon a insisté sur la nécessité pour le Québec de devenir un pays indépendant, affirmant que les Québécois francophones méritaient cette reconnaissance au même titre que les autres peuples. Il a également tendu la main aux autres partis politiques, promettant d'être « le premier ministre de tous les Québécois ». Cette approche vise à apaiser les tensions et à rassurer les électeurs opposés à l'indépendance. Cependant, son discours a aussi rappelé que la lutte pour la souveraineté reste un objectif central pour son parti.
La presse canadienne, notamment le quotidien anglophone *The Globe and Mail*, souligne que la promesse du PQ d'organiser un troisième référendum sur l'indépendance pourrait avoir limité son soutien électoral. En effet, les Québécois ont déjà rejeté cette option en 1980 et en 1995. Cependant, l'éditorialiste Konrad Yakabuski estime que l'histoire politique du Québec est marquée par des bouleversements imprévisibles, et que les souverainistes pourraient exploiter d'éventuels griefs envers le gouvernement fédéral canadien pour relancer leur cause. Le retour du PQ au pouvoir annonce ainsi un nouveau chapitre potentiellement mouvementé dans les relations entre le Québec et le reste du Canada.

