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Washington menace les pays qui ne participeraient pas à sa guerre économique contre l’Iran

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 11 j

Cette pression est censée faire « chuter le régime » de Téhéran sans reprise des opérations militaires..

Guerre économique contre l'Iran

Les États-Unis ont lancé une opération de pression économique sans précédent contre l'Iran, visant à faire chuter le régime de Téhéran sans recourir à des actions militaires directes. Cette stratégie s'appuie sur des sanctions déjà existantes, comme un blocus maritime, et sur de nouvelles mesures ciblant notamment un réseau de financement du Hezbollah au Liban, lié aux Gardiens de la révolution islamique (une force armée iranienne). L'objectif affiché est d'isoler économiquement l'Iran jusqu'à provoquer son effondrement politique. Cette approche a été présentée comme la plus écrasante jamais entreprise contre ce pays, selon les déclarations de Donald Trump, président américain en 2026. L'Iran, déjà fragilisé par des décennies de sanctions, subit une pression accrue sur son économie, tandis que les États-Unis doivent gérer les coûts de ce conflit, comme une inflation persistante et des taux d'emprunt élevés pour le Trésor américain.

Menaces américaines envers les alliés

Washington a clairement indiqué que tout pays maintenant des liens économiques avec l'Iran serait considéré comme un adversaire et subirait des conséquences graves pour son propre économie. Cette menace a été formulée par Scott Bessent, conseiller économique de Donald Trump, lors d'une interview à la chaîne CNBC. Il a précisé que ces pays seraient « précipités vers les oubliettes économiques », que leur collaboration avec l'Iran soit volontaire ou involontaire. Le secrétaire au Trésor américain a également appelé la Chine à se ranger aux côtés des États-Unis dans cette guerre économique. Ces déclarations s'inscrivent dans un contexte où Donald Trump cherche à rallier ses alliés, notamment après des mois de conflit militaire et diplomatique sans issue claire. Les pays comme les Émirats arabes unis, la Turquie et la Russie, qui entretiennent des échanges commerciaux avec l'Iran, pourraient être directement concernés par ces pressions.

Rôle clé de la Chine

La Chine joue un rôle central dans cette crise, car elle est le premier partenaire commercial de l'Iran, représentant plus du quart de ses échanges en 2024. Pékin importe notamment du pétrole iranien, malgré les sanctions américaines, en utilisant une flotte fantôme (des navires non identifiables ou camouflés pour éviter les contrôles). La capacité des États-Unis à convaincre la Chine de se joindre à leur guerre économique déterminera en grande partie l'efficacité de cette stratégie. Donald Trump, qui entretient une relation personnelle avec le président chinois Xi Jinping, recevra ce dernier le 24 septembre 2026 pour tenter de le rallier à sa cause. Si la Chine refuse de coopérer, l'Iran pourrait continuer à contourner les sanctions, limitant l'impact des mesures américaines. À l'inverse, un soutien chinois renforcerait considérablement la pression économique sur Téhéran.

Réactions de l'Iran et des pays du Golfe

L'Iran a réagi aux pressions américaines en qualifiant cette guerre économique de terrorisme économique, selon l'agence de presse iranienne IRNA. Téhéran a également mis en garde les pays du Golfe contre toute aide militaire ou logistique aux États-Unis, les menaçant de représailles. De leur côté, les Émirats arabes unis ont annoncé suspendre tous leurs échanges commerciaux et transactions financières avec l'Iran à partir de mardi, marquant une rupture avec leurs relations économiques passées. La Turquie et la Russie, qui entretiennent également des liens économiques avec l'Iran, pourraient être affectées par ces tensions. La Russie, en particulier, est mentionnée pour ses échanges militaires avec Téhéran. Ces réactions illustrent la polarisation croissante au Moyen-Orient, où certains pays choisissent de soutenir les États-Unis, tandis que d'autres tentent de maintenir des relations avec l'Iran malgré les sanctions.

Ce que ça pourrait changer

Les États-Unis subissent eux aussi les conséquences de ce conflit prolongé. L'armée américaine a annoncé l'arrivée d'un nouveau porte-avions au Moyen-Orient pour remplacer l'*Abraham Lincoln*, dont le déploiement prolongé a soulevé des inquiétudes concernant les conditions de vie de l'équipage. Cette mesure illustre la pression exercée sur les ressources militaires américaines après près de six mois de conflit. Parallèlement, l'économie américaine souffre d'une inflation tenace et de coûts d'emprunt en hausse pour le Trésor, forçant les autorités à intervenir sur le marché de la dette. Ces défis économiques pourraient affaiblir la capacité des États-Unis à maintenir une pression prolongée sur l'Iran, surtout si leurs alliés ou partenaires commerciaux refusent de se joindre à leur stratégie. La conférence de presse prévue par Scott Bessent le 24 août 2026 devrait apporter des précisions sur les prochaines étapes de cette guerre économique.

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