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Géopolitique

Une vague de célibat déferle sur le monde, pour le meilleur et pour le pire

Courrier International · mis à jour 24 sept.

Dans de nombreux pays, les jeunes femmes se mettent moins en couple qu’avant. Les causes sont multiples, explique “The Economist”, et les conséquences potentiellement graves..

Tradition du couple

Pendant des siècles, le mariage et les relations de couple ont été bien plus qu’une simple préférence sociale : ils représentaient une nécessité économique et pratique, notamment pour les femmes. Avant l’invention de moyens de contraception fiables, ces dernières n’avaient que peu de contrôle sur leur fertilité, ce qui rendait les grossesses non désirées fréquentes. Par ailleurs, les conditions de vie étaient souvent trop précaires pour élever un enfant sans soutien. Cette réalité a ancré dans les mentalités l’idée que le bonheur devait se conclure par un mariage, comme dans les contes de fées où la fin heureuse est symbolisée par l’union d’un couple. Ainsi, se mettre en couple n’était pas seulement une norme, mais une stratégie de survie pour beaucoup.

Baisse du mariage

Depuis quelques décennies, cette tradition est en forte érosion dans les pays riches. Aux États-Unis, par exemple, la proportion de personnes âgées de 25 à 34 ans vivant sans partenaire a doublé en cinquante ans. En 2025, 50 % des hommes et 41 % des femmes de cette tranche d’âge sont célibataires, contre des chiffres bien inférieurs dans les années 1970. Cette tendance n’est pas isolée : depuis 2010, la part des individus vivant seuls a augmenté dans 26 pays riches sur 30, selon les données compilées par The Economist. Cette évolution a conduit à une augmentation de 100 millions de célibataires dans le monde par rapport à ce que l’on aurait pu observer si les couples s’étaient formés au même rythme qu’en 2017. Les spécialistes parlent désormais d’une grande récession relationnelle, un phénomène qui redéfinit les structures familiales et sociales.

Causes multiples

Plusieurs facteurs expliquent cette baisse du célibat. D’abord, l’accès à la contraception a permis aux femmes de mieux contrôler leur vie reproductive, réduisant ainsi la pression sociale pour se marier rapidement. Ensuite, l’émancipation féminine et l’accès à l’éducation et à l’emploi ont offert aux individus, en particulier aux femmes, des alternatives au mariage traditionnel. Enfin, les transformations économiques, comme la hausse du coût de la vie ou l’instabilité professionnelle, rendent la vie à deux moins attractive pour certains. Ces changements s’inscrivent dans un contexte plus large de remise en question des normes sociales, où le célibat n’est plus perçu comme un échec, mais comme une option de vie valable.

Réactions sociales

Cette évolution suscite des réactions contrastées. Certains y voient le signe d’une décadence sociale et morale, une remise en cause des valeurs traditionnelles qui structuraient les sociétés. Pour eux, le célibat croissant reflète un affaiblissement des liens familiaux et une perte de repères. D’autres, en revanche, saluent cette tendance comme une avancée vers plus de liberté individuelle. Ils soulignent que le célibat permet de se consacrer à des projets personnels, professionnels ou créatifs sans les contraintes d’une vie à deux. Cette divergence de points de vue illustre les tensions entre conservatisme et progressisme dans la perception des relations amoureuses modernes.

Ce que ça pourrait changer

Les jeunes générations, en particulier la **Génération Z** (personnes nées entre la fin des années 1990 et le début des années 2010), semblent jouer un rôle clé dans cette tendance. Contrairement à leurs aînés, beaucoup de ces jeunes adultes ne considèrent plus le mariage ou la vie en couple comme une étape incontournable de leur existence. Leur rapport aux relations amoureuses est marqué par une plus grande flexibilité : certains choisissent de ne pas s’engager, tandis que d’autres privilégient des formes de relations non traditionnelles, comme les unions libres ou les relations à distance. Cette génération incarne une **remise en question des normes** qui prévalaient encore il y a quelques décennies.

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