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Culture

Pourquoi a-t-on besoin de l'immédiat ?

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 17 j

Il y a des choses qui n'attendent pas ; elles doivent être faites ici et maintenant. Dans cette chronique, le philosophe Frédéric Worms s'interroge sur notre rapport paradoxal à l'immédiat.

L'immédiat comme urgence

L’article commence par souligner que certaines situations exigent une réaction immédiate, sans délai ni médiation. Le philosophe Frédéric Worms évoque ainsi des exemples concrets comme les urgences médicales ou les crises vitales, où chaque seconde compte. Ces moments révèlent un besoin profond de réactivité, tant au niveau individuel que collectif. L’auteur explique que cette expérience négative de l’immédiat — souvent liée à la peur ou à l’urgence — engendre un besoin tout aussi fort de préparation en amont. Par exemple, les systèmes de secours (pompiers, SAMU) illustrent cette nécessité : ils doivent être opérationnels instantanément pour restaurer la confiance dans la société. Worms résume cette idée par une phrase clé : « Il y a des choses qui n’attendent pas ; elles doivent être faites ici et maintenant. » Cette dépendance à l’immédiat révèle ainsi une dimension vitale de notre rapport au monde, où la survie et la sécurité dépendent de notre capacité à agir sans attendre.

L'immédiat et la morale

Au-delà de la survie, l’immédiat prend une dimension morale selon le philosophe Vladimir Jankélévitch (1903–1985), cité dans l’article. Ce dernier insiste sur l’importance de saisir l’instant présent pour agir de manière juste, sans se laisser distraire par des médiations ou des institutions. Worms reprend cette idée en expliquant que l’immédiat n’est pas seulement une question de réaction, mais aussi de vérité : « L’expérience du réel, c’est l’expérience immédiate. C’est aussi l’expérience de la vérité, pour le meilleur et pour le pire. » Par exemple, une présence humaine, un paysage ou un moment de joie partagé perdent leur essence s’ils sont filtrés par des biais ou des délais. L’article souligne que cette vérité immédiate peut être à la fois salvatrice (comme une décision morale prise sans hésitation) et douloureuse (comme un diagnostic médical brutal). Ainsi, l’immédiat devient un critère de notre rapport à l’authenticité et à la réalité.

Ce que ça pourrait changer

L’article met en lumière un paradoxe : bien que nous ayons besoin de l’immédiat pour agir et ressentir la vérité du monde, nous dépendons aussi de mécanismes préparés en amont pour le rendre possible. Worms explique que *« nous avons besoin de l’immédiat pour avoir confiance dans les autres et confiance dans le monde »*. Par exemple, les services d’urgence, les infrastructures médicales ou même les réseaux sociaux reposent sur des systèmes conçus pour répondre instantanément. Sans cette préparation collective — souvent invisible — l’immédiateté ne serait qu’un leurre. L’auteur illustre ce point en comparant l’immédiat à un café partagé ou à un regard échangé : ces expériences, bien que fugaces, reposent sur une confiance préalable dans l’autre et dans le monde. Ainsi, l’immédiat n’est pas l’opposé de la préparation, mais son complément indispensable pour donner un sens à notre existence.

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