Bienvenue à la “Queerale”, la chorale parisienne qui vous accepte comme vous êtes
Chaque lundi soir, un restaurant parisien accueille les répétitions de la première chorale queer et trans de la capitale. “Specchio”, le supplément du dimanche du quotidien turinois “La Stampa”, est allé à la rencontre des membres de ce groupe, qui fait bien plus que de la musique..
La Queerale est la première chorale parisienne spécifiquement conçue pour être queer et transgenre, c'est-à-dire ouverte à toutes les personnes, quelle que soit leur identité de genre ou leur orientation sexuelle. Le terme queer désigne ici une communauté diverse qui inclut les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, intersexuées et autres identités non hétérosexuelles ou non cisgenres. Fondée récemment, cette chorale se réunit chaque lundi soir dans un restaurant du XIXe arrondissement de Paris, transformé pour l'occasion en lieu de répétition. Contrairement à une chorale traditionnelle, elle ne cherche pas à produire des performances vocales parfaites, mais à offrir un espace bienveillant où chacun peut s'exprimer librement, sans jugement. Les répétitions sont animées par une directrice, Ju, qui guide les choristes avec une approche à la fois exigeante et encourageante.
Le restaurant Chez Ernest, situé dans le XIXe arrondissement de Paris, accueille chaque semaine les répétitions de la Queerale. Ce lieu anodin devient, le temps d'une soirée, un espace de liberté où les normes sociales sont mises de côté. Les choristes, dont certains sont en transition de genre et prennent des hormones, y trouvent un environnement où leur voix, parfois en mutation, est acceptée sans critique. La chaleur ambiante ou les distractions sont tolérées, car l'objectif n'est pas la performance technique, mais l'épanouissement personnel et collectif. Les nouveaux arrivants sont accueillis avec bienveillance, comme en témoigne l'anecdote d'une jeune fille en retard, rapidement intégrée par les autres membres.
Les répétitions de la Queerale se distinguent par une approche musicale déstructurée, loin des canons traditionnels des chorales. Les partitions sont adaptées pour permettre à chacun de chanter selon ses capacités, sans pression. Les voix graves des barytons et les aigus des sopranos s'entremêlent de manière chaotique, reflétant la diversité des timbres et des parcours des choristes. Certains membres, en pleine transition vocale due aux hormones, peuvent avoir des difficultés à tenir une note, mais cela n'est pas perçu comme un défaut. La directrice, Ju, guide les répétitions avec une méthode intuitive, marquant le tempo de gestes amples et encourageants. L'objectif n'est pas la perfection, mais l'expression de soi et la création d'un lien communautaire fort.
La Queerale s'inspire de modèles existants dans d'autres pays, comme les chorales *queer* ou *trans* qui se développent depuis plusieurs années dans des villes comme Berlin ou New York. Ces chorales visent à offrir un espace sécurisé pour les personnes LGBTQI+, souvent marginalisées dans les milieux musicaux traditionnels. L'article mentionne que la Queerale est la première du genre à Paris, bien que d'autres initiatives similaires puissent exister sans être médiatisées. Le reportage est réalisé par *Specchio*, le supplément dominical du quotidien turinois *La Stampa*, qui consacre régulièrement des articles à des sujets sociétaux et culturels. L'article original, publié en juillet 2026, est traduit et adapté pour le lectorat francophone.

