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Géopolitique

Mort de l’entarteur Noël Godin, terroriste burlesque adepte de la “flibusterie pâtissière”

Courrier International · mis à jour il y a 6 j

Noël Godin, mort dimanche 23 août à presque 81 ans, était un cinéphile et critique de cinéma belge. Mais s’il passe à la postérité, ce sera avant tout pour ses nombreux “attentats pâtissiers” contre les “pompeux cornichons” qui se prenaient, selon lui, un peu trop au sérieux..

Qui était Noël Godin

Noël Godin était un critique de cinéma et cinéphile belge né à Liège le 13 septembre 1945, décédé le 23 août 2026 à presque 81 ans. Bien qu’il ait travaillé comme critique pour la revue catholique Les Amis du film et de la télévision, il est surtout connu pour ses actions de dérision contre des personnalités qu’il jugeait trop prétentieuses. Ces actions, appelées entartages, consistaient à lancer une tarte à la crème sur des figures publiques, souvent lors d’événements médiatiques. Godin a développé une méthode précise : une tarte garnie de crème chantilly, accompagnée de cris de ‘gloup, gloup’ pour marquer l’attaque. Son approche, qu’il qualifiait de flibusterie pâtissière, mêlait humour, satire et provocation, visant à ridiculiser l’autorité ou le sérieux excessif.

Origines de l'entartage

L’entartage comme forme d’expression politique et artistique est né à la fin des années 1960. Godin s’est inspiré d’un personnage fictif, Georges Le Gloupier, créé par le journaliste français Jean-Pierre Bouyxou (décédé en 2025). En 1969, Godin a réalisé son premier entartage en Belgique contre l’autrice Marguerite Duras, en utilisant une tarte à la crème. Cette action a marqué le début d’une série d’entartages ciblant des personnalités du monde du cinéma, de la politique ou de la culture, souvent perçues comme arrogantes ou pompeuses. Godin a ainsi transformé un geste anodin en un outil de critique sociale, utilisant l’humour et l’absurde pour dénoncer ce qu’il considérait comme des abus de pouvoir ou de prétention.

Méthode et symbolique

La méthode de Godin reposait sur une préparation minutieuse et un rituel précis. Ses entartages suivaient toujours le même protocole : une tarte à la crème chantilly, lancée avec force, accompagnée de cris de ‘gloup, gloup’ pour souligner l’absurdité de l’acte. Ce geste, à la fois violent et comique, visait à humilier symboliquement ses cibles tout en les ridiculisant aux yeux du public. Godin qualifiait son approche de terrorisme burlesque, un terme qui illustre son intention de mêler peur et rire. Ses cibles incluaient des personnalités comme le cinéaste Robert Bresson ou des figures politiques, souvent prises pour cible lors d’événements publics ou médiatiques, comme le Festival de Cannes en 2004.

Ce que ça pourrait changer

Noël Godin laisse derrière lui un héritage culturel marqué par son engagement en faveur de la satire et de la dérision. Bien que ses actions aient parfois été qualifiées de *terrorisme* en raison de leur aspect subversif, Godin a toujours défendu leur dimension artistique et politique. Ses entartages ont inspiré d’autres artistes et militants, montrant qu’une critique sociale pouvait passer par l’absurde et l’humour. Godin a également travaillé comme critique de cinéma, laissant une trace dans le milieu culturel belge et français. Son approche unique, mêlant provocation et réflexion, continue de susciter des débats sur les limites de la satire et de la liberté d’expression.

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