Marche pour le climat : à Fontainebleau comme dans plus de 260 villes, «l’été a provoqué une grosse envie d’agir»
Ce samedi 26 septembre, des manifestant·es se sont rassemblé·es dans plus de 260 villes de France à l’appel du mouvement citoyen pour le climat, le vivant et la justice sociale. Vert s’est rendu à Fontainebleau, où l’été caniculaire et l’incendie historique de la forêt a poussé des habitant·es à organiser leur première mobilisation..
Le 26 septembre 2026, plus de 260 villes françaises ont accueilli des marches pour le climat, le vivant et la justice sociale, organisées par des citoyens. À Fontainebleau, en Seine-et-Marne, un rassemblement a eu lieu malgré une faible tradition manifestante locale. Ce mouvement s’inscrit dans un contexte d’été caniculaire et d’incendie historique ayant ravagé 10 % de la forêt francilienne (soit 2 500 hectares fermés sur les 22 500 que compte le massif). Les organisateurs soulignent que la crise climatique a généré une « grosse envie d’agir » chez les participants, dont beaucoup participaient pour la première fois à une manifestation.
Les revendications des manifestants à Fontainebleau et ailleurs portent sur trois axes principaux : des mesures d’adaptation au changement climatique, des actions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), et un plan d’urgence pour protéger les populations vulnérables. Parmi les demandes concrètes figurent l’interdiction de la chasse dans la forêt de Fontainebleau, la taxation des superprofits des industries fossiles et de l’armement, ainsi qu’un impôt climatique sur les grandes fortunes. Les participants dénoncent aussi l’impact des projets comme les data centers (centres de données), jugés énergivores et peu adaptés aux enjeux locaux.
Le mouvement rassemble une grande variété d’acteurs : associations locales (comme celles de protection de la faune sauvage), groupes politiques (dont La France insoumise), collectifs citoyens (Extinction Rebellion, Amnesty International) et syndicats. À Fontainebleau, des habitants de Savigny-le-Temple ont rejoint la marche pour dénoncer des températures intérieures dépassant 36 °C dans leurs logements récents. L’artiste Anne, venue de Seine-et-Marne, a exprimé sa surprise face à la faible affluence, typique d’une ville peu habituée aux mobilisations. Les organisateurs insistent sur l’apolitisme du mouvement, bien que des tensions apparaissent sur l’inclusion de revendications connexes, comme la Palestine.
À Paris, la manifestation a été transformée en rassemblement statique en raison de la venue du pape, mais les participants ont arboré des couvertures de survie, symbole des logements mal adaptés aux canicules. À Fontainebleau, les manifestants ont défilé près de la forêt brûlée, un geste symbolique fort. Une assemblée citoyenne a clos le rassemblement, avec pour objectif de poursuivre les actions jusqu’aux élections. Un rassemblement national est prévu dans le Tarn les 14 et 15 novembre 2026 pour coordonner les mouvements locaux. À Clermont-Ferrand, un incident a eu lieu lorsqu’un automobiliste a percuté la foule, blessant quatre personnes.
Les marches s’inscrivent dans un contexte de crise écologique marquée par des incendies dévastateurs, une sécheresse persistante et des températures extrêmes. Les organisateurs soulignent l’urgence d’agir face à l’inaction politique, qu’ils jugent trop lente ou insuffisante. Le mouvement propose des solutions concrètes, comme la redistribution des richesses via des taxes ciblées, tout en critiquant les politiques actuelles perçues comme favorisant les plus aisés. À Fontainebleau, l’incendie a servi de déclencheur à l’engagement citoyen, rappelant l’importance de préserver les écosystèmes locaux, qualifiés de « poumons de l’Île-de-France ».

