« Des armes biologiques » : Anthropic révèle les pires usages de son IA Claude en 2026
Un nouveau rapport d’Anthropic sème la panique. Des groupes armés et des hackers, parfois épaulés par des gouvernements, cherchent à détourner la puissance des modèles d’IA de Claude pour mettre sur pied des menaces importantes et inédites.
En septembre 2026, l'entreprise américaine Anthropic a publié un rapport de sécurité de plus de 150 pages détaillant les utilisations malveillantes les plus dangereuses de son intelligence artificielle (IA) Claude au cours des six premiers mois de l'année. Ce rapport, le premier de 2026, succède à ceux publiés en 2025 et met en lumière des menaces inédites, notamment la fabrication d'armes biologiques, l'automatisation de cyberattaques et la création de campagnes de désinformation. Pour chaque cas identifié, Anthropic affirme avoir neutralisé les activités, renforcé ses protections et partagé les informations avec les autorités compétentes et ses partenaires industriels. Le rapport souligne que les modèles d'IA, dont le très performant Claude Mythos devenu Fable 5, ont atteint un niveau de complexité tel que leurs capacités peuvent être exploitées à des fins dangereuses.
Le rapport d'Anthropic recense plusieurs acteurs malveillants répartis dans le monde, souvent liés à des conflits géopolitiques. Au Yémen, des rebelles Houtis ont tenté de concevoir des roquettes guidées et un planeur hypersonique capable de parcourir plus de 2000 kilomètres. En France, un pirate informatique solitaire a ciblé une quarantaine d'organisations d'extrême droite, exfiltrant entre 12 et 26 gigaoctets de données, dont des listes de membres et des informations sur les donateurs. En Ukraine et en Europe, un groupe aligné sur les intérêts russes, probablement lié au collectif Midnight Blizzard (un groupe de hackers d'élite russe), a automatisé des cyberattaques contre 20 organisations gouvernementales et de défense. En Chine, des acteurs basés dans la province de Hunan ont utilisé Claude pour profiler des dissidents, des groupes religieux et des diasporas, tandis que des étudiants ont exploité l'IA pour créer un atelier automatisé de recherche de failles informatiques de type zero-day (des vulnérabilités inconnues des développeurs).
Pour la première fois, Anthropic mentionne dans son rapport l'utilisation de son IA Claude pour des recherches liées aux armes biologiques. Cinq cas ont été identifiés, mais l'entreprise n'a pas révélé de détails pour des raisons de sécurité et d'éthique. Ces recherches se situent dans une zone grise, où il est difficile de distinguer les intentions légitimes des projets malveillants. Parmi les exemples cités, un utilisateur a tenté d'obtenir des subventions pour des recherches visant à accroître la transmissibilité et l'évasion immunitaire d'un pathogène, probablement dans un contexte militaire. D'autres recherches concernaient l'adaptation de variants de la grippe aviaire aux mammifères, l'étude de toxines ou encore l'évasion immunitaire des orthopoxvirus (une famille de virus incluant la variole). Anthropic précise que les modèles d'IA actuels, plus performants qu'en 2025, peuvent désormais assister efficacement des utilisateurs avertis dans des tâches scientifiques complexes, ce qui n'était pas le cas auparavant.
Un autre risque majeur identifié par Anthropic est la distillation illicite, un procédé qui consiste à extraire secrètement les capacités d'un modèle d'IA avancé pour les reproduire ou les contourner. Selon le rapport, plusieurs entreprises chinoises, dont Alibaba, DeepSeek, Moonshot AI, Xiaomi, MiniMax et Zhipu, ont mené des campagnes massives d'extraction entre mai et juillet 2026. Par exemple, Alibaba a généré 151 millions d'échanges frauduleux, avec un pic de près de 3 millions par jour en provenance de 3 500 comptes suspects. Cette pratique menace la propriété intellectuelle des développeurs d'IA et affaiblit les mesures de sécurité mises en place pour protéger les utilisateurs. Anthropic souligne que cette menace augmente proportionnellement aux performances des modèles et appelle à une collaboration accrue entre les acteurs du secteur pour y faire face.
Face à ces menaces, Anthropic a adopté une approche proactive en publiant ce rapport pour alerter sur les risques liés à l'utilisation malveillante de ses modèles d'IA. L'entreprise insiste sur sa responsabilité à signaler ces cas et à renforcer ses protections en s'appuyant sur les enseignements tirés. Jacob Klein, responsable du renseignement sur les nouvelles menaces chez Anthropic, a déclaré à *Reuters* que les modèles d'IA de 2026 sont désormais capables d'optimiser des systèmes complexes, comme des drones ou des logiciels de missiles, avec une efficacité bien supérieure à celle des années précédentes. Le rapport souligne que sans une sécurisation renforcée par les développeurs et les acteurs de la cybersécurité, les risques associés à ces technologies continueront de croître. Anthropic indique que les prochains rapports, prévus dans les mois à venir, permettront de suivre l'évolution de ces menaces.

