En Afrique du Sud, une ANC en pleine dérive qui se “dévore de l’intérieur”
Le parti au pouvoir depuis la fin de l’apartheid se déchire, alors que des dizaines de candidats aux élections municipales prévues le 4 novembre n’ont pas été enregistrés à temps auprès de la commission électorale. Un couac révélateur des tensions qui agitent un mouvement en chute libre dans les urnes..
L’ANC (African National Congress) est le parti politique qui dirige l’Afrique du Sud depuis la fin de l’apartheid en 1994. Fondé par Nelson Mandela, il incarne la lutte contre le régime ségrégationniste et reste un symbole de la démocratie sud-africaine. Cependant, en octobre 2026, ce parti historique traverse une crise majeure. À l’approche des élections municipales prévues le 4 novembre 2026, l’ANC est en pleine dérive interne, avec des tensions croissantes entre ses dirigeants et ses sections locales. Cette instabilité se manifeste notamment par des dysfonctionnements administratifs, comme l’exclusion de 180 candidats de ses listes électorales, ce qui pourrait affaiblir encore davantage son influence.
Le 9 octobre 2026, l’ANC fait face à un scandale électoral : des dizaines de ses candidats aux élections municipales n’ont pas été enregistrés à temps auprès de la Commission électorale indépendante (CEI), l’organisme chargé d’organiser les scrutins en Afrique du Sud. Officiellement, la direction du parti attribue cet oubli à une erreur technique de la CEI. Pourtant, des hauts responsables de l’ANC soupçonnent une action délibérée et réclament une enquête interne. Un rapport confidentiel cité par le Sunday Times révèle que la majorité des problèmes viennent en réalité du parti lui-même, avec des listes de candidats mal gérées dans plusieurs municipalités.
Face à cette crise, l’ANC a choisi de contester la décision de la CEI devant la Cour constitutionnelle, la plus haute juridiction sud-africaine, le 5 octobre 2026. Le président Cyril Ramaphosa, toujours en poste, tente de maintenir l’unité du parti, mais les divisions internes s’aggravent. Certains médias sud-africains, comme la radio EWN, évoquent même une possible défaite humiliante pour l’ANC aux prochaines élections. Ces tensions illustrent un parti qui, après des décennies de domination politique, semble se dévorer de l’intérieur, miné par des luttes de pouvoir et des dysfonctionnements structurels.
L’Afrique du Sud organise des élections municipales le 4 novembre 2026, un scrutin local crucial pour mesurer la popularité des partis. L’ANC, bien que toujours majoritaire, voit son influence décliner depuis plusieurs années en raison de la corruption, des inégalités persistantes et d’un mécontentement croissant de la population. Cette crise des candidats n’est qu’un symptôme de problèmes plus profonds : divisions internes, gestion chaotique et perte de crédibilité. Si l’ANC échoue à résoudre ces dysfonctionnements, il risque de subir un recul historique lors de ce scrutin, marquant un tournant dans l’histoire politique sud-africaine.

