Thélyson Orélien est exclu du Salon du livre de l’Estrie, Boréal suspend la promotion de son livre
L’auteur est accusé de plagiat et d’avoir écrit son livre «C’était ça ou mourir» avec l’IA..
Thélyson Orélien, un auteur québécois d’origine haïtienne, est au cœur d’une polémique depuis le 11 septembre 2024. Il est accusé d’avoir utilisé des outils d’intelligence artificielle (IA) pour écrire son roman C’était ça ou mourir, qui figure parmi les finalistes des prestigieux prix littéraires français comme les Goncourt, Médicis, Renaudot et Femina. Une analyse menée par le détecteur d’IA Pangram, dont le taux de fiabilité est de 99,7 %, suggère que la quasi-totalité du manuscrit aurait été générée par une machine. De plus, des allégations de plagiat ont été formulées, notamment après la découverte que l’un de ses textes publiés dans La Presse en 2013 reproduisait mot pour mot une chronique d’un autre auteur, Andy Bautista, parue cinq jours plus tôt dans The Philippine Star. Ces révélations ont déclenché une vague de critiques et de condamnations publiques à son égard.
Face aux accusations, les éditions du Boréal, qui publient C’était ça ou mourir, ont annoncé le 12 septembre 2024 la suspension immédiate de toutes les activités promotionnelles autour du livre. Cette décision a été justifiée par la volonté de préserver le bien-être de l’auteur, Thélyson Orélien, en pleine crise médiatique. Le Boréal a également condamné les messages haineux et les attaques personnelles dont Orélien fait l’objet, appelant à la retenue. L’éditeur précise que le livre reste disponible à l’achat, mais qu’il ne peut pour l’instant confirmer ou infirmer les allégations d’utilisation d’IA ou de plagiat. Une enquête interne est en cours pour analyser la situation. Le Boréal souligne que l’IA n’a pas été utilisée lors du processus éditorial du roman.
Le Salon du livre de l’Estrie, prévu à la mi-octobre 2024 au Québec, a décidé de retirer Thélyson Orélien de sa programmation après les révélations. L’auteur devait initialement y être l’invité d’honneur, mais son nom a été effacé des supports de communication (site web et réseaux sociaux) de l’événement. Aucune autre personnalité ne le remplacera à ce titre. Cette exclusion fait suite aux allégations de plagiat dans des textes antérieurs d’Orélien, notamment dans La Presse, qui ont été rendues publiques. Le Salon n’a pas évoqué l’accusation d’utilisation d’IA dans sa décision, se concentrant sur les preuves de plagiat. Cette affaire illustre les tensions croissantes autour de l’éthique dans l’écriture à l’ère du numérique.
Thélyson Orélien a réagi aux accusations lors d’une entrevue accordée à l’**Agence France-Presse (AFP)** le 12 septembre 2024. Il a dénoncé une prétendue **volonté de le faire taire**, affirmant que cette polémique s’inscrit dans un contexte plus large de censure ou de pression médiatique. Orélien a indiqué qu’il préférait attendre que la situation se calme avant de s’exprimer davantage, évoquant un besoin de recul face aux attaques personnelles et aux débats houleux. Par ailleurs, l’éditeur adjoint de *La Presse*, François Cardinal, a confirmé que le quotidien ne republierait plus Orélien dans ses pages, en raison des accusations de plagiat. Cette affaire soulève des questions sur la **fiabilité des détecteurs d’IA** et sur les limites éthiques de l’utilisation de ces outils dans la création littéraire.

