Écrits antisémites de Jordan Bardella : les preuves du mensonge
Jordan Bardella n'a pas seulement produit des écrits antisémites au début de sa carrière politique. Il a aussi menti à la France entière en n'assumant pas la paternité de ses propres textes.
Le 28 septembre 2026, le site d'information Mediapart a publié une enquête révélant des écrits antisémites attribués à Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN). Ces documents, datés de 2013 et 2014, proviennent de conversations sur Facebook Messenger entre Bardella et des proches. Mediapart affirme avoir authentifié ces messages grâce à une extraction officielle auprès de Meta (maison mère de Facebook), certifiée par huissier le 29 septembre 2026. L'enquête s'appuie aussi sur 18 entretiens avec des témoins et des documents complémentaires comme des mails ou des pétitions. Bardella a dénoncé une « tentative de déstabilisation » de sa campagne présidentielle, tout en niant être l'auteur de ces propos, malgré leur contenu explicite et des détails biographiques précis.
Les échanges sur Messenger révèlent des propos antisémites et conspirationnistes de Bardella. Il y dénonce un prétendu complot juif visant à contrôler l’ordre mondial, cite des théories complotistes comme celle attribuant les attentats du 11 septembre 2001 au Mossad (services secrets israéliens), et affirme que le commerce alimentaire hallal serait contrôlé par des juifs. Il se vante aussi d'avoir rejoint le Front national (devenu RN) car il est resté fidèle à son idéologie depuis plus de 40 ans, précisant que « la politique, c’est de la com ». Ces messages incluent des détails personnels (origines de ses parents, études, échec au concours de Sciences Po en 2013) qui confirment son identité. Bardella a aussi créé un second compte Facebook en novembre 2013 pour sa communication politique, tout en conservant un compte personnel où figuraient ces propos.
Les écrits de Bardella s'inscrivent dans l'influence de Alain Soral, idéologue antisémite et négationniste. Un ancien conseiller de Bardella a confirmé qu'il regardait « des kilomètres de vidéos » de Soral et lisait ses livres. Entre 2012 et 2014, Bardella utilisait deux adresses Gmail liées à son engagement politique, dont une avec des références au FN 93 (Seine-Saint-Denis). En 2014, il a envoyé une note interne aux candidats du RN pour leur demander de vérifier leurs publications en ligne, craignant des « délires personnels ou idéologiques ». Un militant local, Laurent G., a envoyé à Bardella un livre d'entretiens de Soral en février 2014, confirmant leurs échanges. Bardella a toujours nié être responsable des propos de tiers, tandis que Laurent G. affirme avoir agi de sa propre initiative.
Face aux révélations, Bardella a qualifié les propos de « faux grossiers » et accusé Mediapart de mener une « guerre totale » contre lui, avec le soutien de Marine Le Pen, figure historique du RN. Il a affirmé que personne n'avait trouvé de preuves de son passé antisémite auparavant, tout en niant avoir menti sur l'authenticité des documents. Mediapart a rétorqué que Bardella avait refusé à plusieurs reprises de recevoir les éléments avant publication, comme le prouvent des échanges écrits avec son cabinet. Bardella a aussi déclaré que Mediapart n'avait pas répondu à sa demande d'éléments supplémentaires, une affirmation que Mediapart conteste en publiant l'intégralité de leurs échanges. Deux membres de son cabinet, François Paradol (directeur de cabinet) et Donatien Véret, ont été liés à l'association Égalité et Réconciliation (E&R), proche de Soral.
Pour garantir l'authenticité des documents, Mediapart a utilisé plusieurs méthodes. D'abord, deux sources indépendantes ayant évolué dans l'entourage de Bardella ont fourni des conversations Messenger. Ensuite, une extraction officielle des données a été réalisée via *Meta* en août 2026, permettant de dater les échanges et de confirmer qu'ils n'avaient pas été modifiés depuis 2013. Cette extraction a été certifiée par huissier. Enfin, des détails biographiques (origines familiales, études, pétition dans *Le Parisien* en 2013) et des documents administratifs (fichier d'adhérent au *FNJ* en 2012, mails) ont été croisés pour confirmer l'identité de Bardella. Ces preuves techniques et humaines renforcent la crédibilité de l'enquête.

