Loterie référendaire
Dire qu’un vote pour le PQ conduit à un rendez-vous référendaire relève avant tout de l’acte de foi..
L'article aborde l'éventualité d'un référendum sur l'indépendance du Québec lors du mandat qui commence le 5 octobre 2026. Selon les sondages cités, près de 70 % des électeurs québécois ne souhaitent pas de référendum, et entre 65 % et 70 % voteraient non si celui-ci avait lieu aujourd'hui. Les partis fédéralistes, opposés à l'idée d'un référendum, tentent de faire de cette question un enjeu central de la campagne électorale. Le Parti québécois (PQ), parti souverainiste, suggère qu'un vote pour lui entraînerait automatiquement la tenue d'un référendum. Cependant, l'auteur souligne que cette affirmation relève davantage de la conviction que de la logique, car plusieurs facteurs pourraient empêcher la tenue d'un tel scrutin.
L'auteur évoque la possibilité que le gouvernement du PQ, mené par St-Pierre Plamondon, soit minoritaire après les élections. Historiquement, les gouvernements minoritaires au Québec durent en moyenne 18 mois. Si le PQ n'obtient qu'une faible majorité, sa durée de vie pourrait être encore plus courte. Par exemple, un gouvernement minoritaire pourrait tomber avant janvier 2029, date à laquelle Donald Trump quitterait théoriquement la Maison-Blanche. Même si le gouvernement survit quatre ans, il faudrait qu'il obtienne une majorité parlementaire pour déclencher un référendum. Dans ce scénario, Québec solidaire (QS), un parti allié au PQ, pourrait détenir la clé du vote, mais l'auteur estime peu probable qu'il accepte de soutenir un référendum sans obtenir des concessions majeures, comme la tenue d'une assemblée constituante élue.
Québec solidaire (QS) est un parti politique québécois de gauche, souvent allié au Parti québécois (PQ) sur certains dossiers. Dans l'article, l'auteur explique que QS pourrait bloquer la tenue d'un référendum si le gouvernement péquiste propose un référendum classique. QS exigerait probablement en échange la création d'une assemblée constituante élue, censée représenter l'ensemble de la population québécoise, y compris les anglophones et les Autochtones, qui sont à 95 % opposés à l'indépendance. L'auteur doute que cette assemblée produise un projet de constitution souverainiste, car la majorité de la population y serait hostile. De plus, il rappelle que QS a déjà empêché des compromis internes par le passé, comme l'exclusion d'un député controversé en 2025.
Si le Parti québécois obtient une majorité, même faible, après les élections du 5 octobre 2026, il pourrait théoriquement organiser un référendum. Cependant, l'auteur souligne que la tenue du scrutin dépendrait de plusieurs facteurs imprévisibles. Par exemple, si Donald Trump refuse de quitter la Maison-Blanche en janvier 2029, comme il l'a suggéré à plusieurs reprises, la fenêtre pour un référendum pourrait ne jamais s'ouvrir. Même si Trump quitte le pouvoir, un successeur comme J.D. Vance, connu pour ses positions protectionnistes, pourrait maintenir une pression économique sur le Québec. L'auteur conclut que la décision finale dépendrait de la volonté politique du gouvernement et de l'opinion publique québécoise en 2029-2030.
L'auteur rappelle qu'en 1995, lors du dernier référendum sur l'indépendance, des membres du Parti québécois, dont Bernard Landry et Lucien Bouchard, avaient exercé une forte pression sur Jacques Parizeau pour reporter ou annuler le scrutin. À l'époque, les intentions de vote pour le Oui étaient 15 % plus élevées qu'actuellement. L'auteur craint que des scénarios similaires se reproduisent si les intentions de vote pour le Oui ne dépassent pas 40 % d'ici l'hiver 2029. Même avec une majorité parlementaire, des députés péquistes pourraient hésiter à déclencher un référendum par crainte d'un échec, ce qui créerait une impasse politique. Cette situation pourrait affaiblir la coalition souverainiste, comme cela s'est produit en 1995 après la tentative de réduction du déficit zéro par Lucien Bouchard.
L'auteur souligne qu'un troisième refus des Québécois lors d'un référendum sur l'indépendance mettrait fin, selon lui, au projet indépendantiste. Il rappelle qu'après le non de 1995, le Québec a perdu son rapport de force avec le Canada, devenant un acteur politique marginalisé. Un troisième non renforcerait cette perception, réduisant encore davantage la crédibilité du mouvement souverainiste. L'auteur suggère que les fédéralistes devraient souhaiter ce résultat, car il mettrait un terme définitif aux tensions politiques liées à l'indépendance. En revanche, voter pour le PQ le 5 octobre 2026 s'apparenterait, selon l'auteur, à acheter un billet de loterie : la tenue d'un référendum n'est pas impossible, mais elle reste incertaine.
L'auteur compare la situation actuelle à un billet de loterie, en l'occurrence la *6/49*, un jeu de hasard populaire au Québec. Bien qu'il espère personnellement la tenue d'un référendum, il met en garde contre les illusions ou les craintes excessives liées à cette question. Il cite une citation attribuée à Abraham Lincoln, selon laquelle *la meilleure façon de prédire l'avenir, c'est de l'inventer*, pour souligner que les prédictions sur l'indépendance du Québec dépendent largement des actions politiques et des choix des électeurs. L'auteur recommande donc de ne pas prendre pour acquis les scénarios optimistes ou pessimistes concernant un éventuel référendum.

