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Généraliste

Des manifestants campent dans le centre de Madrid pour le droit du logement

Le Devoir · mis à jour 26 sept.

L’éviction d’une femme de 87 ans a remis la crise du logement sur le devant de la scène en Espagne..

Expulsion d'une octogénaire

Le 24 septembre 2026, Maricarmen Abascal, une femme de 87 ans, a été expulsée de force de son appartement à Madrid après y avoir vécu pendant 70 ans. Une société immobilière avait racheté le logement et augmenté son loyer de 275%, le portant à 2 650 € par mois (soit environ 4 269 $ CAD). Cette expulsion, filmée et largement médiatisée, a provoqué une vague d’indignation en Espagne. Maricarmen Abascal est devenue un symbole de la crise du logement dans le pays, d’autant plus qu’elle a été évacuée sur une civière et hospitalisée pour épuisement. Son cas illustre les difficultés rencontrées par les locataires âgés face à la spéculation immobilière et à la hausse vertigineuse des loyers.

Manifestation massive à Madrid

Le 26 septembre 2026, environ 25 000 personnes (selon les autorités) ou 300 000 (selon les organisateurs) ont manifesté à Madrid pour dénoncer l’expulsion de Maricarmen Abascal et réclamer des mesures pour protéger les locataires. La manifestation a débuté à la Puerta del Sol, place centrale de la ville, et s’est terminée devant le Parlement régional. Les manifestants ont scandé des slogans et brandi des banderoles exigeant une baisse des loyers et un durcissement des règles d’expulsion. Un campement spontané de plusieurs tentes a été installé sur la place, avec des manifestants prêts à y rester pour protester. Cet événement rappelle les mobilisations de 2011, où des jeunes avaient occupé la même place pendant trois semaines pour dénoncer la corruption et les difficultés économiques.

Crise du logement en Espagne

La crise du logement en Espagne est un problème récurrent, marqué par des loyers inaccessibles pour une grande partie de la population. Les prix des logements ont augmenté de manière disproportionnée par rapport aux salaires, rendant les centres-villes inabordables pour de nombreux Espagnols. Les locataires, en particulier les personnes âgées comme Maricarmen Abascal, sont vulnérables face aux augmentations brutales de loyer ou aux expulsions forcées. Des témoignages recueillis lors de la manifestation révèlent des situations extrêmes : des retraités obligés de laver le linge de leurs enfants adultes car ils ne peuvent pas se permettre de vivre seuls, ou des jeunes adultes contraints de rester chez leurs parents faute de moyens. Cette crise touche toutes les générations et s’aggrave avec la spéculation immobilière.

Réactions politiques et mesures envisagées

L’expulsion de Maricarmen Abascal a mis sous pression le gouvernement socialiste du premier ministre Pedro Sánchez, qui avait promis de faire du logement une priorité. Un ensemble de mesures, surnommé le « décret Maricarmen », devrait être adopté lors du prochain conseil des ministres. Ce décret prévoit notamment le renouvellement automatique des contrats de location et un renforcement des restrictions sur les expulsions. Cependant, son adoption n’est pas garantie, car le gouvernement ne dispose pas de la majorité absolue au Parlement. Un projet de loi similaire avait déjà été rejeté plus tôt en 2026, mais la médiatisation du cas de Maricarmen Abascal pourrait changer la donne. Les partis politiques sont désormais sous le feu des critiques pour leur inaction face à cette crise sociale.

Ce que ça pourrait changer

Les manifestants réclament des mesures concrètes pour limiter la hausse des loyers et protéger les locataires contre les expulsions abusives. Leur slogan *« Soit le système de location s’effondre, soit le gouvernement tombe »* reflète l’urgence de la situation et la colère de la population. Maricarmen Abascal, devenue une icône de la lutte pour le droit au logement, a appelé les Espagnols à se joindre au mouvement dans une vidéo diffusée en ligne. Son histoire a servi de catalyseur à une mobilisation plus large, touchant des personnes de tous âges et de toutes conditions. Les banderoles comme *« Vous pourriez être la prochaine Maricarmen »* soulignent le caractère universel de cette injustice et la peur partagée par de nombreux locataires.

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