Un Russo-Canadien condamné à sept ans de prison en Russie pour «haute trahison»
N.F. Ziouzev était accusé, entre autres, d’avoir collecté des informations pour le compte d’organismes européens..
Nikolaï Fiedossievitch Ziouzev, un homme de 70 ans possédant la double nationalité russe et canadienne, a été condamné à sept ans de prison en Russie pour le chef d'accusation de « haute trahison ». Cette condamnation a été prononcée par la Cour suprême de la république des Komis, située dans le nord de la Russie, le 16 septembre 2026. Selon les services de sécurité russes (FSB), Ziouzev aurait tenté de porter atteinte à la sécurité nationale de la Russie à partir de février 2022, date du début de l'offensive militaire russe en Ukraine.
Le FSB, agence de sécurité intérieure russe, accuse Ziouzev d'avoir mis en place un projet visant à « porter atteinte à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de la Russie ». Les charges retenues contre lui incluent la formation à l'étranger de personnes susceptibles de créer des mouvements séparatistes parmi les peuples autochtones de Russie, la distribution de documents qualifiés d'« extrémistes », ainsi que la collecte d'informations pour le compte d'organismes publics et de centres d'analyses de l'Union européenne. Ces activités auraient débuté en février 2022, coïncidant avec le lancement de l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
Selon le FSB, Ziouzev aurait reçu plus de 2 millions d'euros, soit environ 3,2 millions de dollars canadiens, de la part de 12 organisations étrangères. Ces fonds proviendraient d'organismes spécialisés en politique étrangère, en coopération internationale ou dans les droits de la personne, originaires d'Allemagne, de France, du Royaume-Uni et de Suède. Le FSB n'a pas précisé si ces organisations étaient publiques ou privées, mais souligne leur rôle dans le financement des activités de Ziouzev.
Depuis le début de son offensive en Ukraine en février 2022, la Russie a durci les peines pour des crimes liés à la sécurité nationale, notamment la « trahison », le « sabotage » ou l'« espionnage ». Plusieurs centaines de citoyens russes, ainsi que des ressortissants étrangers, ont été condamnés à de lourdes peines de prison pour ces motifs. Selon l'ONG russe Memorial, plus de 1 800 prisonniers politiques seraient actuellement incarcérés en Russie. Cette condamnation s'inscrit dans un contexte de répression accrue des opposants et des voix critiques envers le gouvernement russe.
Nikolaï Fiedossievitch Ziouzev est présenté comme un chercheur et professeur de philosophie âgé de 70 ans. Selon *Memorial*, principale organisation russe de défense des droits de la personne, il serait une figure connue dans le domaine académique. Son nom complet, ainsi que son âge et sa profession, ont été rendus publics par l'ONG, bien que les autorités russes aient initialement utilisé les initiales « N.F. Ziouzev » dans leur communiqué. Son cas illustre la répression croissante des intellectuels et des chercheurs en Russie depuis le début de la guerre en Ukraine.

