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Géopolitique

Réforme des retraites, rapprochement avec l’UE : Andy Burnham dévoile son nouveau Royaume-Uni

Courrier International · mis à jour 30 sept.

Lors de son premier discours au congrès du Parti travailliste en tant que Premier ministre, Andy Burnham a annoncé une réforme majeure des retraites, promis de renforcer le contrôle public sur les services essentiels et rouvert le débat sur le Brexit. Le “Daily Mirror” applaudit..

Nouveau Premier ministre

Andy Burnham, ancien maire de Manchester, est devenu Premier ministre du Royaume-Uni en juillet 2026. Il a prononcé un discours marquant lors du congrès du Parti travailliste à Liverpool le 29 septembre 2026, où il a évoqué avec émotion son père, Roy Burnham, décédé le même mois à l’âge de 86 ans après avoir souffert de la maladie d’Alzheimer. Burnham a exprimé son ambition de construire une Grande-Bretagne dont son père serait fier, tout en annonçant des réformes majeures pour le pays. Son discours a été salué par le Daily Mirror, un journal proche des travaillistes, qui a titré en une : « Je construirai une Grande-Bretagne dont mon père serait fier ».

Réforme du triple lock

Andy Burnham a annoncé le démantèlement progressif du triple lock, un mécanisme en vigueur depuis 2011 qui garantit chaque année une augmentation des pensions de retraite correspondant au plus élevé de trois indicateurs : l’inflation, la hausse moyenne des salaires ou un minimum de 2,5 %. Le Premier ministre a précisé que le verrou lié à la hausse des salaires serait supprimé à partir d’avril 2030, après les prochaines législatives. Cette réforme vise à redresser les finances publiques et pourrait permettre une économie de 15 milliards de livres sterling (17,5 milliards d’euros) par an d’ici la fin des années 2030. Le triple lock était souvent critiqué pour son coût élevé, mais il était aussi perçu comme une protection sociale importante pour les retraités.

Retour sur l'ère Thatcher

Andy Burnham a annoncé son intention de revenir sur certaines réformes mises en place durant l’ère Margaret Thatcher (Premier ministre britannique de 1979 à 1990). Il souhaite redonner aux Britanniques un plus grand contrôle sur des services essentiels comme le logement, l’eau et l’énergie. Cette annonce s’inscrit dans une volonté de rééquilibrer le rôle de l’État dans l’économie, après des décennies de privatisations et de libéralisations sous Thatcher. Burnham a également évoqué une possible réforme du système électoral britannique, basé sur le scrutin uninominal majoritaire à un tour, bien qu’il s’y soit opposé par le passé. Ces mesures sont présentées comme un moyen de corriger ce que le Premier ministre qualifie de « réformes néfastes » pour la société.

Relance des liens avec l'UE

Andy Burnham a clairement indiqué que le Brexit, la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE) en 2020, avait causé plus de tort que de bien au pays. Il a annoncé son intention d’établir une relation de long terme avec l’UE et de présenter différentes options pour y parvenir. Cette déclaration marque un tournant dans la politique étrangère britannique, après des années de tensions post-Brexit. Le Premier ministre n’a pas précisé les modalités exactes de cette réconciliation, mais son discours suggère une volonté de réintégrer partiellement le marché unique ou de renforcer la coopération économique et politique avec Bruxelles. Cette approche contraste avec les positions plus dures adoptées par les gouvernements précédents.

Ce que ça pourrait changer

La presse conservatrice britannique a réagi vivement aux annonces d’Andy Burnham. Le *Daily Express*, un tabloïd conservateur, a titré le 30 septembre 2026 : *« Andy Burnham vient de donner un coup de poing en plein visage aux retraités, mais le pire reste à venir »*, accusant les travaillistes de vouloir ponctionner les ressources des retraités pour financer leurs projets. Le *Daily Mail* a également critiqué le discours de Liverpool, le qualifiant de *« déclaration d’amour dithyrambique au socialisme étouffant des années 1970 »*, et y voyant des signes de nationalisations, d’expropriations et de recul des réformes de marché de Thatcher. Ces réactions illustrent la polarisation politique autour des réformes proposées par le nouveau gouvernement.

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