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Géopolitique

Coupe du monde : la Fifa a enfreint son propre règlement pour avantager la RDC

Courrier International · mis à jour 7 oct.

L’affaire est révélatrice des pratiques opaques de la Fédération internationale de football (Fifa). Des enquêtes publiées mardi 6 octobre accusent l’instance d’avoir permis au gardien de but Lionel Mpasi, pourtant inéligible, de jouer sous les couleurs de la République démocratique du Congo lors de matchs qualificatifs décisifs, puis pendant le dernier Mondial de football..

Affaire Mpasi

Lionel Mpasi est un gardien de but franco-congolais qui a joué pour l’équipe de France chez les jeunes, mais n’a jamais finalisé son changement d’affiliation sportive pour représenter la République démocratique du Congo (RDC). Selon des enquêtes du New York Times et du Monde publiées le 6 octobre 2026, la FIFA a ignoré les règles de son propre règlement pour lui permettre de jouer sous les couleurs de la RDC lors de matchs qualificatifs pour la Coupe du monde 2026, puis pendant le tournoi lui-même. Normalement, une telle infraction aurait dû entraîner la défaite par forfait de la RDC pour tous les matchs concernés.

Règlement FIFA violé

La FIFA a été saisie par la sélection du Nigeria après l’élimination de cette dernière par la RDC en novembre 2025, lors de la finale des barrages africains pour la Coupe du monde. L’enquête interne de la FIFA a confirmé que la RDC n’avait pas rempli les documents nécessaires pour permettre à Lionel Mpasi de changer de fédération sportive. Pourtant, au lieu d’appliquer son règlement, la FIFA a autorisé discrètement le joueur et son équipe à poursuivre la compétition. Cette décision a permis à la RDC de se qualifier pour sa première Coupe du monde depuis 52 ans, après avoir battu la Jamaïque en barrage intercontinental le 31 mars 2026.

Contexte politique

Le New York Times révèle qu’au moment où la FIFA examinait l’éligibilité de Lionel Mpasi, Véron Mosengo-Omba, un allié du président de la FIFA Gianni Infantino, préparait sa candidature à la présidence de la fédération congolaise de football. Deux mois plus tard, il était élu à ce poste. Selon un ancien responsable camerounais de la FIFA cité par le journal, cette élection aurait pu être compromise si la RDC n’avait pas été qualifiée pour la Coupe du monde. La FIFA a justifié sa décision par un vice de forme qui a disqualifié la plainte nigériane, mais d’autres options avaient été envisagées, comme des amendes pour la RDC ou la qualification du Nigeria pour le match de barrage contre la Jamaïque.

Conséquences pour le Nigeria

L’élimination du Nigeria, surnommé les Super Eagles, a eu des répercussions majeures pour le football nigérian. L’équipe a été éliminée par la RDC en finale des barrages africains en novembre 2025, ce qui l’a privée de participation à la Coupe du monde 2026 organisée en Amérique du Nord. Cette défaite a entraîné la démission de l’ensemble du conseil d’administration de la fédération nigériane de football, illustrant l’impact politique et sportif de cette affaire.

Ce que ça pourrait changer

La FIFA a été critiquée pour ses pratiques opaques et son manque de transparence dans cette affaire. Les enquêtes du *New York Times* et du *Monde* soulignent que l’instance a ignoré ses propres règles pour favoriser la RDC, ce qui risque de jeter une nouvelle ombre sur son image. La décision de la FIFA a également soulevé des questions sur l’influence des alliances politiques internes, notamment avec Véron Mosengo-Omba, dont l’élection à la tête de la fédération congolaise a coïncidé avec cette affaire. Les révélations mettent en lumière les tensions entre les règles sportives et les intérêts politiques ou stratégiques.

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