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Alimentation, eau, énergie : la fracture entre riches et pauvres pourrait brutalement s’aggraver d’ici 2050

Science & Vie · mis à jour 12 sept.

En 2050, se nourrir pourrait absorber près de la moitié du revenu des plus pauvres d’Afrique australe, contre un vingtième chez les plus riches. L’insécurité alimentaire se creuserait donc au sein des pays..

Inégalités mondiales 2050

D’ici 2050, les inégalités entre les pays riches et les pays pauvres pourraient s’aggraver de manière brutale en raison de l’accès inégal aux trois ressources essentielles que sont l’alimentation, l’eau et l’énergie. Selon des projections issues de rapports scientifiques, cette fracture risque de s’élargir sous l’effet de plusieurs facteurs : le réchauffement climatique, la croissance démographique et les déséquilibres économiques. Les pays les plus pauvres, souvent situés dans des régions vulnérables aux changements climatiques comme l’Afrique subsaharienne ou l’Asie du Sud, seraient les plus touchés. Par exemple, des zones déjà en stress hydrique pourraient voir leurs ressources en eau diminuer de 20 à 30 % d’ici 2050, aggravant les risques de pénuries et de conflits. À l’inverse, les pays riches, capables d’investir dans des technologies d’adaptation et de résilience, pourraient renforcer leur accès à ces ressources, creusant ainsi l’écart.

Impact du climat

Le changement climatique joue un rôle central dans cette aggravation des inégalités. Les phénomènes météorologiques extrêmes, comme les sécheresses prolongées ou les inondations, deviennent plus fréquents et plus intenses. Par exemple, des régions comme le Sahel ou l’Inde pourraient subir des vagues de chaleur mortelles, rendant l’agriculture impossible sans irrigation coûteuse. Les pays riches, dotés de moyens financiers et technologiques, pourront développer des systèmes de dessalement de l’eau ou des cultures résistantes à la sécheresse. En revanche, les pays pauvres, déjà endettés et dépendants de l’aide internationale, n’auront pas les ressources nécessaires pour s’adapter. Selon les scientifiques, jusqu’à 1 milliard de personnes pourraient être déplacées d’ici 2050 en raison de ces bouleversements, exacerbant les tensions sociales et politiques.

Énergie et dépendances

L’accès à l’énergie est un autre facteur clé de cette fracture. Les pays riches, qui disposent de 80 % des capacités mondiales de production d’électricité, pourraient continuer à diversifier leurs sources d’énergie (renouvelables, nucléaire) et maintenir des prix abordables. À l’inverse, les pays pauvres, souvent dépendants des énergies fossiles importées ou de réseaux électriques peu fiables, pourraient voir leurs coûts énergétiques exploser. Par exemple, en Afrique subsaharienne, seulement 48 % de la population a accès à l’électricité en 2024, un chiffre qui pourrait stagner ou même reculer dans certaines régions. Cette dépendance énergétique limite aussi leur capacité à développer des industries locales, renforçant leur marginalisation économique. Les énergies renouvelables, bien que moins chères à long terme, nécessitent des investissements initiaux importants que ces pays ne peuvent pas toujours mobiliser.

Alimentation en danger

La sécurité alimentaire est un troisième pilier de cette inégalité croissante. Les rendements agricoles pourraient chuter de 10 à 25 % dans les régions tropicales et subtropicales d’ici 2050 en raison de la hausse des températures et des perturbations des pluies. Les pays riches, qui importent une partie de leur alimentation mais disposent de stocks stratégiques et de systèmes de distribution robustes, seront moins affectés. En revanche, les pays pauvres, où l’agriculture représente souvent 20 à 30 % du PIB et emploie une grande partie de la population, pourraient subir des crises alimentaires majeures. Par exemple, en Afrique de l’Est, la production de maïs pourrait diminuer de 20 % d’ici 2050, aggravant la malnutrition. Les prix des denrées de base, comme le riz ou le blé, pourraient augmenter de 50 à 100 %, rendant l’accès à une alimentation suffisante encore plus difficile pour les populations les plus vulnérables.

Conséquences sociales

Ces déséquilibres pourraient entraîner des conséquences sociales dramatiques. Les migrations climatiques, déjà en hausse, pourraient s’intensifier, avec des flux de populations fuyant des régions devenues inhabitables. Par exemple, le nombre de migrants climatiques pourrait atteindre 250 millions de personnes d’ici 2050, selon l’ONU. Ces déplacements massifs pourraient provoquer des tensions aux frontières et dans les pays d’accueil, où les populations locales pourraient craindre pour leur accès aux ressources. Les conflits pour l’eau ou les terres arables pourraient aussi se multiplier, comme c’est déjà le cas dans certaines régions du Moyen-Orient ou de l’Asie centrale. Les inégalités d’accès aux soins, déjà marquées, pourraient encore s’aggraver, avec des systèmes de santé sous-financés incapables de faire face aux nouvelles épidémies ou aux maladies liées à la malnutrition.

Ce que ça pourrait changer

Pour limiter cette fracture, des solutions existent, mais leur mise en œuvre nécessite une coopération internationale et des investissements massifs. Les pays riches pourraient augmenter leur aide au développement, en ciblant spécifiquement les projets d’adaptation climatique, comme la construction de systèmes d’irrigation ou la promotion de cultures résistantes. Des mécanismes de financement innovants, comme les *fonds verts* ou les *obligations climatiques*, pourraient être mobilisés pour soutenir les pays pauvres. Par exemple, l’Accord de Paris de 2015 prévoit un fonds de 100 milliards de dollars par an pour aider les pays en développement à s’adapter, mais seulement une partie de cette somme a été effectivement versée. Les technologies, comme les énergies renouvelables décentralisées ou les systèmes de dessalement solaires, pourraient aussi être transférées à moindre coût. Enfin, des politiques de redistribution des ressources, comme la taxation des émissions de CO₂ des pays riches, pourraient permettre de financer ces transitions.

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