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Généraliste

Désormais, on se parle comment?

Le Devoir · mis à jour il y a 28 j

On fait comment pour qu’il demeure sécuritaire, pour les citoyens de toutes origines, de s’exprimer dans l’espace public?.

Nouvelle dynamique politique

L’autrice, Emilie Nicolas, anthropologue et chroniqueuse, s’interroge sur l’évolution du dialogue public au Québec après les dernières élections provinciales. Elle note un changement de dynamique politique avec l’arrivée d’un gouvernement minoritaire dirigé par le Parti québécois, qui détient 28 % des suffrages exprimés. Elle souligne que ce contexte pourrait influencer les pratiques de dialogue citoyen, médiatique et parlementaire. L’autrice observe que les actions des dirigeants (comme Paul St-Pierre Plamondon qui s’est adressé à la foule sans respecter les traditions protocolaires) sont aussi importantes que leurs discours pour évaluer l’avenir des échanges démocratiques. Elle pose ainsi la question centrale de sa chronique : comment ces nouvelles règles vont-elles s’appliquer dans l’espace public ?

Harcèlement en ligne dénoncé

L’autrice aborde le rapport d’Amnistie internationale Canada francophone, qui dénonce le harcèlement et l’intimidation en ligne envers des citoyens exprimant des opinions politiques. Le cas de la Dre Marie-Ève Cotton est cité : elle a témoigné publiquement malgré des plaintes infondées déposées par des proches du Parti québécois contre elle auprès de son ordre professionnel. Ce témoignage révèle la peur des autres citoyens de s’exprimer ouvertement, en raison du risque de subir des représailles. L’autrice souligne que 75,88 % des électeurs ont voté en moyenne dans les circonscriptions où les conservateurs ont été élus, contre 66,92 % sur l’ensemble du territoire, ce qui illustre une mobilisation accrue de la droite. Elle s’interroge sur la capacité du nouveau gouvernement à rassembler et à éviter les pratiques d’intimidation, malgré sa position minoritaire.

Culture de l’insulte à l’Assemblée

L’autrice s’inquiète de l’influence de la culture discursive de la radio privée, notamment celle de CHOI Radio X, sur les débats à l’Assemblée nationale. Elle cite l’exemple de Dominique « Doom » Dumas, nouveau député conservateur, qui a déjà traité des Québécois de « morons » pour désigner ceux qui ne partagent pas ses opinions. Elle explique que cette culture, normalisée depuis des décennies dans certains médias, privilégie l’insulte plutôt que le débat argumenté. L’autrice se demande si l’Assemblée nationale parviendra à discipliner ces pratiques ou si, au contraire, elles vont contaminer les échanges politiques. Elle rappelle que cette dynamique s’inscrit dans un contexte où la droite a connu une mobilisation historique lors des élections.

Ce que ça pourrait changer

L’autrice souligne que les taux de participation électorale sont plus bas dans des circonscriptions de Montréal où se trouvent une forte proportion d’anglophones, d’allophones ou de personnes en situation de détresse sociale, ainsi que dans le Nord québécois, où vivent de nombreux électeurs autochtones. Elle critique l’idée implicite selon laquelle seul le « vote francophone » compterait lors des élections provinciales, ce qui marginaliserait ces groupes. Elle mentionne également la sous-représentation de ces perspectives dans le dialogue médiatique, notamment sur des sujets comme l’immigration. L’autrice cite des exemples de citoyens issus de l’immigration, comme Kim Thúy ou Mani Soleymanlou, qui ont subi des vagues de haine après avoir exprimé des opinions critiques. Elle pose ainsi la question de la sécurité de l’expression publique pour tous les citoyens, quelle que soit leur origine.

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