Bruno Vellas, gériatre : « aujourd'hui
Avec l’âge, certaines capacités déclinent bien avant l’apparition d’une maladie. La gériatrie cherche désormais à repérer ces pertes dès la cinquantaine pour préserver plus longtemps mobilité, mémoire, vitalité et autonomie..
Selon Bruno Vellas, gériatre et professeur en médecine interne, les personnes âgées d’aujourd’hui conservent des capacités physiques bien supérieures à celles de leurs aînés d’il y a vingt ans. Par exemple, une personne de 70 ans en 2026 possède une condition physique comparable à celle d’une personne de 60 ans en 2006. Ce phénomène s’explique par une amélioration globale des conditions de vie, des soins médicaux et des modes de vie. Le gériatre souligne que cette tendance reflète un vieillissement plus actif et en bonne santé, où les individus maintiennent leur autonomie plus longtemps. Cette évolution remet en question les stéréotypes associés à l’âge avancé et ouvre de nouvelles perspectives pour la société et les systèmes de santé.
Plusieurs facteurs expliquent cette amélioration notable des capacités physiques chez les seniors. D’abord, les avancées médicales, comme les traitements contre les maladies chroniques (diabète, hypertension, etc.), jouent un rôle majeur. Ensuite, l’accès à une meilleure alimentation et à des programmes de prévention (dépistages, vaccins, etc.) contribue à retarder le déclin physique. Enfin, les modes de vie ont évolué : les seniors d’aujourd’hui sont souvent plus actifs, pratiquent davantage de sport et adoptent des habitudes plus saines (moins de tabac, moins d’alcool). Ces changements s’inscrivent dans un contexte où la société accorde une plus grande importance à la santé et au bien-être, même après 60 ans.
Cette évolution a des conséquences majeures pour les individus et les structures sociales. Pour les personnes âgées, elle signifie une meilleure qualité de vie, une autonomie prolongée et une réduction des risques de dépendance. Pour les systèmes de santé, cela implique de repenser les besoins en soins et en accompagnement. Les maisons de retraite, par exemple, doivent s’adapter à une population plus active et moins fragile. De plus, cette tendance pourrait influencer les politiques publiques, comme les âges légaux de départ à la retraite ou les programmes de maintien à domicile. Bruno Vellas insiste sur l’importance de capitaliser sur ces progrès pour améliorer encore les conditions de vie des seniors.
Malgré ces avancées, des défis subsistent. Certains seniors restent confrontés à des inégalités d’accès aux soins ou à des conditions de vie précaires, ce qui limite leur capacité à vieillir en bonne santé. Par ailleurs, les maladies neurodégénératives, comme Alzheimer, continuent de poser des problèmes majeurs, car elles ne sont pas toujours prévenues par les mêmes facteurs que le déclin physique. Enfin, la société doit encore s’adapter à cette nouvelle réalité, par exemple en repensant les infrastructures urbaines (transports, logements) pour les rendre plus accessibles aux personnes âgées actives. Ces enjeux soulignent la nécessité d’une approche globale pour accompagner le vieillissement.

