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Généraliste

Lancement d’un grand programme de recyclage de gypse au Québec

Le Devoir · mis à jour 10 sept.

Recyc-Québec se réjouit de cette initiative, qui pourrait éviter l’enfouissement de 80 000 tonnes de débris par année..

Un nouveau programme

Un programme de recyclage du gypse a été lancé au Québec, porté par deux entreprises : Saint-Gobain, un géant français de la construction, et New West Gypsum, une entreprise spécialisée dans le recyclage de ce matériau. Ce projet vise à recycler jusqu’à 80 000 tonnes de gypse par an, soit l’équivalent des déchets ménagers de 1,2 million de Montréalais. Le gypse est un matériau utilisé dans la construction pour fabriquer des cloisons légères et résistantes au feu. Jusqu’à présent, au Québec, tous les débris de gypse étaient envoyés à l’enfouissement, contrairement à la Colombie-Britannique qui interdit cette pratique depuis 1984. Le programme a obtenu une autorisation du ministère de l’Environnement du Québec en février 2026.

Processus de recyclage

Le recyclage du gypse repose sur une séparation entre le papier et la poudre minérale qui le compose. New West Gypsum, spécialisée dans cette technologie, a mené un projet pilote depuis 2025 pour tester ce processus. Le gypse recyclé pourra ensuite être réutilisé dans la fabrication de nouvelles cloisons. L’usine de CertainTeed, une filiale de Saint-Gobain située à Sainte-Catherine en Montérégie, servira de débouché pour ce matériau recyclé. À terme, jusqu’à 30 % du gypse utilisé dans les panneaux pourrait provenir de cette filière. Les débris de gypse proviennent principalement des chantiers de construction, des rénovations ou des démolitions. Les retailles, moins contaminées, sont plus faciles à recycler que les matériaux issus de bâtiments plus anciens.

Enjeux environnementaux

Le gypse, lorsqu’il est enfoui, se décompose et génère du sulfure d’hydrogène, un gaz malodorant qui sent les œufs pourris. Ce gaz est une nuisance pour les sites d’enfouissement et leurs voisins. Au Québec, environ 250 000 tonnes de gypse sont enfouies chaque année, ce qui en fait un problème environnemental majeur. Le recyclage permet d’éviter cette pollution et de réduire la quantité de déchets envoyés aux sites d’enfouissement. Les instigateurs du projet soulignent que le tri du gypse directement sur les chantiers est essentiel pour faciliter son recyclage. Les matériaux antérieurs à 1990 doivent être analysés pour détecter la présence d’amiante, un risque sanitaire connu.

Acteurs et financement

Le projet est soutenu par Recyc-Québec, une organisation publique dédiée à la gestion des déchets, qui a accordé une aide financière de 800 000 dollars aux deux partenaires. New West Gypsum et Saint-Gobain estiment que leur modèle est plus viable que ceux des deux entreprises qui ont tenté de recycler le gypse au Québec avant 2023, mais qui ont fermé leurs portes. Pour les entrepreneurs en construction, le coût d’élimination du gypse recyclé est de 85 dollars la tonne, contre plus de 100 dollars dans les sites d’enfouissement, auxquels s’ajoutent des redevances de 36 dollars la tonne. Ce tarif est considéré comme compétitif pour encourager le recyclage.

Ce que ça pourrait changer

New West Gypsum prévoit traiter 100 tonnes de gypse par jour ouvrable, soit 25 000 tonnes par an, avec la possibilité d’augmenter ce volume à mesure que la filière s’adapte. Les promoteurs du projet estiment que les mentalités évoluent dans le milieu de la construction, qui cherche de plus en plus à réduire ses déchets. Ils soulignent que ce projet n’aurait pas été possible il y a 10 ans, mais que les conditions sont désormais réunies pour son succès. L’objectif est d’intégrer progressivement le gypse recyclé dans la production de cloisons, comme le fait déjà l’usine de New West Gypsum à Vancouver.

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