Alors qu’on l’associait au cancer du col de l'utérus, le vaccin HPV pourrait réduire de 64 % certains cancers chez les hommes
Une étude portant sur 1,4 million de personnes aux États-Unis associe la vaccination contre les papillomavirus (HPV) à une réduction de près de 70 % des cancers ORL, chez les femmes comme chez les hommes..
Le HPV (virus du papillome humain) est un virus très répandu qui se transmet principalement par contact sexuel. Il existe plus de 200 types de HPV, dont une quarantaine affectent les organes génitaux et anaux. Certains types de HPV, comme les HPV 16 et HPV 18, sont considérés comme à haut risque car ils peuvent provoquer des lésions précancéreuses ou des cancers. Historiquement, le HPV était surtout associé au cancer du col de l'utérus chez la femme. Cependant, des recherches récentes montrent que ce virus peut également causer d'autres types de cancers, notamment chez les hommes, comme ceux de la gorge, de l'anus, du pénis ou encore de la bouche.
Le vaccin contre le HPV a été développé à l'origine pour prévenir le cancer du col de l'utérus chez les femmes. Il existe plusieurs vaccins disponibles, comme le Gardasil ou le Cervarix, qui protègent contre les types de HPV les plus dangereux. Ces vaccins fonctionnent en stimulant le système immunitaire pour qu'il reconnaisse et combatte le virus avant qu'il ne provoque des lésions cancéreuses. Jusqu'à présent, leur utilisation était principalement recommandée pour les jeunes filles et les jeunes femmes. Cependant, des études récentes suggèrent que ce vaccin pourrait également protéger les hommes contre certains cancers liés au HPV, élargissant ainsi son utilité.
Une étude récente a révélé que le vaccin contre le HPV pourrait réduire de 64 % l'incidence de certains cancers chez les hommes. Ces cancers incluent notamment ceux de la gorge, de l'anus et du pénis, qui sont directement liés à une infection par le HPV. Cette réduction significative souligne l'importance de la vaccination masculine, un sujet qui était jusqu'alors moins mis en avant que la vaccination féminine. Les chercheurs estiment que cette protection pourrait sauver des milliers de vies chaque année, en évitant des traitements lourds et coûteux pour les patients et les systèmes de santé.
La vaccination des hommes contre le HPV est justifiée par plusieurs raisons. Tout d'abord, les hommes peuvent transmettre le virus à leurs partenaires sexuelles, contribuant ainsi à la propagation du HPV. Ensuite, les hommes sont également vulnérables aux cancers liés à ce virus, même s'ils étaient moins connus que ceux touchant les femmes. Enfin, une couverture vaccinale plus large, incluant les deux sexes, permettrait d'atteindre une immunité collective plus efficace, réduisant ainsi la circulation du virus dans la population. Plusieurs pays, comme les États-Unis ou l'Australie, recommandent désormais la vaccination des garçons dès l'âge de 11 ou 12 ans.
Le vaccin contre le *HPV* est considéré comme très efficace, avec une protection estimée à plus de **90 %** contre les types de virus inclus dans le vaccin. Cependant, il ne protège pas contre tous les types de *HPV* et son efficacité dépend de l'administration de toutes les doses recommandées (généralement deux ou trois injections). De plus, le vaccin est plus efficace lorsqu'il est administré avant toute exposition au virus, c'est-à-dire avant le début de l'activité sexuelle. Il est donc recommandé de vacciner les jeunes avant qu'ils ne deviennent sexuellement actifs. Enfin, le vaccin ne traite pas les infections existantes, mais prévient uniquement les nouvelles infections.

