Bismillah, c’est les ténèbres!
Derrière la casse, il y a un mouvement dont le message essentiel a, lui aussi, été saccagé..
Le 18 octobre 2026, des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes de France pour dénoncer la dégradation du système éducatif et le coût de la vie devenu insupportable pour une partie de la population. Des étudiants de collèges et lycées défavorisés, rejoints par des professeurs, des parents, des élus et des citoyens, ont organisé ces rassemblements. Le mouvement, initialement pacifique, a été marqué par des actes de vandalisme attribués à des casseurs, qui ont endommagé du matériel et entaché le message des manifestants. Ces violences ont conduit le président Emmanuel Macron à se concentrer uniquement sur les dégradations, sans aborder les revendications légitimes des manifestants. Les forces de l’ordre ont également été critiquées pour leur gestion des manifestations, notamment pour les violences policières envers des manifestants pacifiques.
En 1990, l’auteure de l’article, alors âgée de 14 ans, participait à une manifestation contre une réforme scolaire à Paris. Elle étudiait au collège Condorcet, dans un quartier plutôt favorisé. Dès le début de la marche vers la place de la République, des CRS (Compagnies républicaines de sécurité, une unité spéciale de la police française chargée du maintien de l’ordre) ont tenté de disperser les manifestants. Un policier a frappé l’auteure avec une matraque, visant son trapèze plutôt que son crâne par chance. Cet incident a provoqué une colère intense chez elle, car elle considérait que frapper une adolescente de 14 ans qui exerçait son droit de manifester était inacceptable. Cet événement a marqué un tournant dans sa perception des interventions policières lors des manifestations.
En 2012, au Québec, l’auteure a participé au Printemps érable, un mouvement étudiant massif contre la hausse des frais de scolarité. Les manifestations, initialement pacifiques, ont été marquées par des débordements policiers. L’auteure a observé qu’un individu équipé de bottes d’armée et d’une cagoule noire, typique d’un membre du black bloc (un groupe anarchiste connu pour ses actions radicales lors des manifestations), renversait des cônes de signalisation. Alors qu’elle et d’autres étudiants tentaient de les remettre en place, des policiers du SPVM (Service de police de la Ville de Montréal) les ont encerclés dans une souricière. Un policier a utilisé un langage irrespectueux envers l’auteure, lui ordonnant de « courir » de manière péjorative, avant de la pousser violemment. Ces événements illustrent les tensions entre manifestants et forces de l’ordre lors de ce mouvement.
L’article évoque la possibilité que des agents provocateurs (des individus infiltrés dans un mouvement pour en déclencher la violence et discréditer la cause) aient été présents lors des manifestations en France et au Québec. En 1894, le socialiste Jean Jaurès avait déjà alerté sur ce phénomène, soulignant que les forces de l’ordre recrutaient parfois des criminels pour surveiller les mouvements sociaux, risquant de transformer ces derniers en véritables anarchistes de police. Bien qu’il n’y ait pas de preuve définitive de leur implication, des vidéos vérifiées par les médias ont montré des individus solitaires lançant des projectiles dans des cortèges autrement calmes. Ces actes ont contribué à justifier des violences policières et à discréditer les revendications des manifestants.
Lors des manifestations étudiantes au Québec, un message envoyé dans un groupe Snapchat du mouvement étudiant contenait le slogan ironique « Bismillah, c’est les ténèbres », suivi d’expressions anachroniques appelant à la casse. Ce message, jugé suspect par les étudiants, a été interprété comme une tentative d’infiltration policière ou d’intoxication. Bien qu’aucune preuve ne confirme cette hypothèse, les jeunes manifestants ont clairement identifié l’auteur comme un outsider à leur mouvement. Ce cas illustre les soupçons de manipulation et les tensions autour de la présence d’éléments extérieurs dans les rassemblements sociaux.
L’article souligne que les violences policières lors des manifestations ne sont pas un phénomène isolé. En France, en 2026, des adolescents ont perdu une main ou un œil à cause de grenades ou d’interventions policières. Aux États-Unis, des cas comme celui de George Floyd (mort en 2020 après une interpellation violente) ou des victimes de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement, une agence américaine chargée de l’application des lois sur l’immigration) sont cités pour illustrer l’ampleur du problème. Au Québec, l’auteure rappelle l’incident de 2012 où deux jeunes ont perdu un œil à cause d’une grenade lacrymogène. Ces exemples montrent une tendance récurrente à l’usage excessif de la force par les forces de l’ordre, semant un chaos difficile à contrôler.
L’auteure propose une réflexion sur la formation des policiers dans les démocraties modernes. Elle suggère d’intégrer des cours sur l’histoire des mouvements sociaux, l’éthique, la philosophie et la psychologie dans leur curriculum. Ces disciplines pourraient aider les agents à mieux comprendre les dynamiques des manifestations et à adopter une approche plus empathique. Actuellement, des incidents comme celui d’un agent du SPVM ayant uriné sur une personne en situation d’itinérance en 2026 révèlent un manque criant d’empathie et de jugement parmi certains policiers. L’objectif est de restaurer la confiance entre les forces de l’ordre et les citoyens, en évitant que ces derniers ne craignent davantage les policiers qu’ils ne les respectent.

