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Géopolitique

Qui est Gadi Eisenkot, le principal opposant de Benyamin Nétanyahou ?

Courrier International · mis à jour 28 sept.

À 66 ans, l’ancien chef d’état-major semble être en bonne position pour détrôner le Premier ministre israélien après les élections législatives du 27 octobre. Si Gadi Eisenkot reste flou sur son programme, sa stature morale en fait “tout ce que Nétanyahou n’est pas”, assure la presse israélienne.

Profil de Gadi Eisenkot

Gadi Eisenkot est un ancien chef d’état-major israélien âgé de 66 ans, actuellement en position de force pour affronter Benyamin Nétanyahou lors des élections législatives israéliennes prévues le 27 octobre 2026. Bien que son programme politique reste peu détaillé, sa réputation d’intégrité et de modération contraste fortement avec celle de Nétanyahou, souvent critiqué pour ses alliances avec l’extrême droite et ses controverses judiciaires. Les médias israéliens le décrivent comme l’incarnation de valeurs opposées à celles du Premier ministre sortant : un État juif, démocratique, progressiste et libéral. Eisenkot dirige le parti Yashar, un mouvement de centre droit qui mise sur son image d’homme probe pour séduire un électorat en quête d’alternatives. Son parcours militaire, marqué par des décennies de service, renforce sa crédibilité auprès d’une partie de la population.

Système électoral israélien

Le système électoral israélien fonctionne différemment de celui de la France. Les partis présentent une seule liste nationale, comme s’il n’y avait qu’une seule circonscription. Contrairement à un système territorial, les sièges à la Knesset (le Parlement israélien) sont attribués à la proportionnelle intégrale : un parti obtenant 10 % des voix peut obtenir environ 12 sièges sur les 120 que compte la Knesset. Cependant, un seuil minimal de 3,5 % des suffrages est requis pour qu’un parti puisse entrer au Parlement. Une fois les résultats connus, le président israélien charge le leader du parti arrivé en tête de former un gouvernement. Cette tâche est complexe, car il doit rassembler une coalition majoritaire, souvent en s’alliant avec d’autres partis, en raison de la fragmentation politique. Par exemple, une alliance avec des partis arabes n’est pas exclue pour Eisenkot, contrairement à Nétanyahou qui s’appuie sur des formations d’extrême droite.

Enjeux des élections 2026

Les élections législatives israéliennes de 2026 sont présentées comme les plus importantes de l’histoire du pays. Leur issue pourrait redéfinir l’équilibre politique et social d’Israël. Gadi Eisenkot incarne une alternative à la politique menée par Benyamin Nétanyahou, notamment sur les questions de gouvernance et de valeurs démocratiques. Si son parti arrive en tête, il ne deviendra pas automatiquement Premier ministre, car la formation d’un gouvernement dépend de sa capacité à obtenir le soutien d’une majorité de députés à la Knesset. Une victoire électorale ne garantit donc pas une prise de pouvoir immédiate, mais elle pourrait ouvrir la voie à une coalition inédite, incluant potentiellement des partis arabes, une première dans l’histoire récente d’Israël. Ces élections sont aussi un référendum sur la direction à donner au pays, entre un gouvernement conservateur et une option plus modérée.

Rôle du président Herzog

Le président israélien, Isaac Herzog, joue un rôle clé après les élections. Une fois les résultats connus, il est chargé de désigner le leader d’un parti en mesure de former un gouvernement. Traditionnellement, cette mission revient au parti arrivé en tête, mais ce n’est pas une obligation légale. Herzog évalue la capacité du candidat à obtenir une majorité à la Knesset, en tenant compte des alliances possibles. Son rôle est donc à la fois symbolique et stratégique, car il influence indirectement l’orientation politique du pays. En 2026, son choix pourrait être décisif, surtout si aucun parti ne dispose d’une majorité claire, ce qui est fréquent dans le système israélien.

Ce que ça pourrait changer

En 2026, Benyamin Nétanyahou, Premier ministre sortant, est affaibli par des années de controverses et de divisions sociales. Son gouvernement repose sur des alliances avec des partis d’extrême droite, ce qui polarise la société israélienne. Gadi Eisenkot, en revanche, se présente comme un rassembleur, capable de fédérer au-delà des clivages traditionnels. Son parti, *Yashar*, mise sur une image de modération et de respect des institutions démocratiques. Cependant, malgré son avantage moral, Eisenkot devra composer avec les réalités politiques d’un pays profondément divisé. Les élections de 2026 pourraient ainsi marquer un tournant, soit vers une radicalisation accrue, soit vers un retour à des valeurs plus consensuelles.

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