Les profs irlandais appellent à la grève : “Certains retournent chez leurs parents”
Des dizaines de milliers d’enseignants ont lancé une grève du zèle, le 5 octobre, en compagnie d’autres métiers du service public, avant une journée de mobilisation totale, le 14 octobre, pour réclamer de meilleurs salaires..
En Irlande, environ 70 000 enseignants du primaire et du secondaire prévoient de faire grève le 14 octobre 2026, avec une éventuelle mobilisation supplémentaire le 21 octobre. Cette action fait suite à une grève du zèle organisée le 5 octobre, qui avait déjà perturbé les activités périscolaires. Les syndicats enseignants, comme l’Asti, critiquent le gouvernement pour son manque d’engagements concrets sur la revalorisation des salaires. Selon le média public irlandais RTE, les enseignants estiment que les augmentations proposées dans le budget 2027, soit 1,2 milliard d’euros pour l’ensemble des agents du service public, sont insuffisantes et trop floues. La secrétaire générale de l’Asti, Linda Kelly, souligne que cette proposition a été « très, très mal reçue », notamment dans un contexte de forte inflation (4,1 % en septembre 2026) et de crise du coût de la vie.
La crise du logement en Irlande pousse certains enseignants à vivre chez leurs parents, faute de pouvoir se loger décemment. Un enseignant dublinois, Dylan Cheary, raconte devoir corriger des copies dans la chambre d’amis de sa mère, illustrant le décalage entre la réalité quotidienne des Irlandais et la croissance économique du pays (+12 % en 2026, tirée par les multinationales). Ce professeur dénonce une perte de pouvoir d’achat depuis le début de sa carrière, malgré une économie en expansion. La crise du logement, qualifiée de « chronique » par les médias locaux, aggrave les difficultés financières des enseignants, dont les salaires ne suivent pas l’inflation.
La grève du 14 octobre 2026 s’inscrit dans une mobilisation plus large du secteur public irlandais, incluant notamment les professionnels de la santé. Selon Journal.ie, cette coordination entre différents métiers publics n’avait pas été observée depuis 2009. Les syndicats espèrent ainsi amplifier leur pression sur le gouvernement centriste pour obtenir des hausses salariales significatives. Linda Kelly, de l’Asti, souligne que les enseignants sont prêts à sacrifier une journée de salaire pour faire entendre leur voix, malgré les difficultés économiques actuelles. Cette mobilisation reflète une frustration croissante face à des conditions de travail et de vie jugées insupportables.
L’Irlande connaît une croissance économique robuste en 2026 (+12 %), principalement grâce à la présence de multinationales comme les géants du numérique ou pharmaceutiques. Pourtant, cette prospérité ne se traduit pas par une amélioration du niveau de vie pour tous. Le taux d’inflation atteint 4,1 % en septembre 2026, et le coût de la vie reste très élevé, notamment en raison de la crise du logement. Les enseignants, comme Dylan Cheary, estiment que leurs salaires n’ont pas suivi cette inflation, réduisant leur pouvoir d’achat. Ce paradoxe entre croissance économique et précarité des ménages illustre les inégalités persistantes dans le pays.
Le gouvernement irlandais a présenté un budget 2027 prévoyant 1,2 milliard d’euros d’augmentations pour les agents du service public, mais cette enveloppe est jugée insuffisante par les syndicats. Les enseignants et autres fonctionnaires réclament des engagements plus clairs et plus substantiels sur les salaires. Selon *RTE*, le gouvernement centriste n’a pas encore répondu de manière satisfaisante à ces revendications. La ministre en charge de l’Éducation n’a pas encore fait de déclaration publique sur le sujet, et les négociations semblent dans l’impasse. Les syndicats menacent de nouvelles actions si leurs demandes ne sont pas satisfaites.

