Au cœur de Montréal, un débat qui penche fortement à gauche
Dans la circonscription de Sainte-Marie–Saint-Jacques, toutes les nuances de la gauche ont leur mot à dire..
Un débat électoral a eu lieu dans la circonscription montréalaise de Sainte-Marie–Saint-Jacques, organisée par l’Association citoyenne du Village de Montréal. Six candidats représentant différents partis politiques s’y sont exprimés sur des enjeux locaux. Parmi eux figuraient Roxane Milot pour Québec solidaire, Philippe Schnobb pour le Parti québécois (PQ), Justine McIntyre pour le Parti libéral du Québec (PLQ), ainsi que des représentants de petits partis comme le Parti vert du Québec, le Parti communiste du Québec et le Parti marxiste-léniniste du Québec. Les candidats de la Coalition avenir Québec (CAQ) et du Parti conservateur du Québec (PCQ) étaient absents. Ce débat s’inscrit dans un contexte où Québec solidaire est le seul parti de gauche en lice dans cette circonscription, et où les thèmes du logement et de l’itinérance dominent les préoccupations des habitants.
La crise du logement était un thème central du débat. Roxane Milot, candidate de Québec solidaire, a défendu l’idée que le logement est un droit fondamental et non une marchandise, proposant de plafonner les loyers et de construire 50 000 logements hors marché. Elle a également évoqué la création d’un poste de super ministre à l’itinérance pour coordonner les actions contre ce phénomène. Philippe Schnobb, du Parti québécois, a promis de relancer la construction de logements sociaux, de mettre en place un registre des baux et de s’opposer aux évictions, notamment celles des aînés. Justine McIntyre, libérale, a annoncé un investissement de 60 millions d’euros pour lutter contre l’itinérance et la construction de 100 000 logements par an, dont 40 000 hors marché, en réduisant les délais d’octroi de permis et en favorisant les maisons préfabriquées.
L’itinérance a été abordée comme un problème humain et non statistique. Lina Zdruli, candidate du Parti vert du Québec, a souligné l’importance d’humaniser les personnes en situation d’itinérance, évoquant même son chien Brigitte pour illustrer son propos. Elle a proposé des services intégrés pour résoudre ce problème. Adrien Welsh, du Parti communiste du Québec, a dénoncé l’absence de construction de logements sociaux publics depuis 1994 et a appelé à une rupture radicale, affirmant que le Québec n’appartient plus à ses habitants mais à une poignée de milliardaires. Linda Sullivan, du Parti marxiste-léniniste du Québec, a proposé de réquisitionner les hôtels pour loger les personnes sans-abri. Ces propositions reflètent des approches variées, allant de la réquisition à la spécialisation des services.
La toxicomanie et les problèmes de santé mentale ont été identifiés comme des enjeux majeurs dans cette circonscription, qui compte le plus grand point de ramassage de seringues souillées de l’île de Montréal. Linda Sullivan a critiqué la loi 103, qui réglemente les sites de consommation supervisée, et a proposé de confier la gestion de ce dossier aux organismes communautaires comme Spectre de rue ou Cactus. Lina Zdruli a insisté sur la nécessité d’interventions spécialisées et intégrées pour traiter ces problèmes, soulignant que les causes de la toxicomanie ou des troubles mentaux sont variées. Adrien Welsh a proposé de réinvestir dans les CLSC (Centres locaux de services communautaires) et d’étendre la couverture de la RAMQ (Régie de l’assurance maladie du Québec) à 100 % pour la santé mentale, la santé dentaire et la santé oculaire. Justine McIntyre, libérale, a évoqué la nécessité d’étudier toutes les solutions possibles et de tenir un sommet sur le sujet.
La question de la sécurité et du sentiment d’insécurité dans le quartier a également été abordée. Philippe Schnobb, du Parti québécois, a insisté sur la nécessité de mesurer cette insécurité avant de proposer des solutions à long terme. Linda Sullivan a lié la sécurité à des mesures sociales comme l’instauration d’un revenu minimal pour tous, une santé gratuite et une alimentation abordable, en s’appuyant sur les organismes communautaires. Lina Zdruli a cité des exemples internationaux, comme l’éclairage des rues ou la réhabilitation des terrains vacants, pour améliorer la sécurité. Justine McIntyre a souligné l’importance des lieux publics sécuritaires, notamment après la pandémie, et a appelé à une collaboration entre les niveaux municipal, provincial et fédéral. Roxane Milot, de Québec solidaire, a proposé de réinvestir dans les organismes communautaires et de lutter contre les discours haineux qu’elle juge responsables de certaines tensions.
Ce débat s’inscrit dans un contexte politique où Québec solidaire est le seul parti de gauche en lice dans la circonscription de Sainte-Marie–Saint-Jacques, un quartier central de Montréal. Les enjeux abordés, comme le logement, l’itinérance, la toxicomanie et la sécurité, sont particulièrement sensibles dans ce secteur, marqué par une forte densité de population et des problématiques sociales marquées. Les propositions des candidats reflètent des visions différentes de la société, allant de réformes progressives à des ruptures radicales, en passant par des approches centrées sur la collaboration entre les différents niveaux de gouvernement. Le débat a également mis en lumière l’absence de certains partis majeurs, comme la CAQ et le PCQ, ce qui a pu influencer la dynamique de l’échange.

