Il veut « désarmer l'IA » : Léon XIV, un pape favorable à la « conversion écologique »
Alors qu'il est en visite en France du 25 au 28 septembre et qu'il a évoqué l' IA et la protection de l'environnement lors d'une allocution à l'Unesco, retour sur les engagements du pape Léon XIV en termes d'écologie et de droits humains. Il s'agit de la première visite d'État officielle d'un souverain pontife en France depuis dix-huit ans.
L'article présente Léon XIV, un pape récemment élu, qui se distingue par son engagement en faveur de l'écologie. Contrairement à ses prédécesseurs, il met l'accent sur la conversion écologique, un concept qui désigne une transformation profonde des modes de production et de consommation pour réduire l'impact environnemental. Cette position s'inscrit dans un contexte où le Vatican, en tant qu'institution, commence à intégrer des préoccupations environnementales dans ses discours et actions. Léon XIV est décrit comme un pape progressiste, ouvert aux enjeux contemporains, notamment ceux liés à la crise climatique. Son élection marque un tournant dans la communication officielle de l'Église catholique sur les questions écologiques.
Le pape Léon XIV critique ouvertement l'intelligence artificielle (IA), qu'il qualifie de menace pour l'humanité. Il utilise l'expression « désarmer l'IA » pour souligner la nécessité de réguler cette technologie, dont les risques incluent la perte de contrôle, les biais algorithmiques ou encore l'impact sur l'emploi. Cette prise de position s'appuie sur des craintes partagées par certains experts et institutions, qui alertent sur les dérives potentielles de l'IA, comme son utilisation à des fins de surveillance de masse ou de manipulation. Léon XIV rejoint ainsi des voix comme celles de l'ONU ou de l'Union européenne, qui plaident pour un cadre éthique et juridique strict autour de ces technologies.
La conversion écologique est au cœur du discours de Léon XIV. Ce terme, emprunté à la théologie, désigne une réorientation des sociétés vers des modèles durables, respectueux des limites planétaires. Le pape y voit une réponse à la crise environnementale, qu'il qualifie de « urgence absolue ». Il appelle à une remise en question des modes de vie actuels, notamment dans les pays riches, où la surconsommation et l'exploitation des ressources sont les plus marquées. Pour illustrer son propos, il cite des données comme les 3°C de réchauffement climatique prévus d'ici 2100 si aucune action n'est entreprise, ou encore le 6e rapport du GIEC qui alerte sur l'accélération de la dégradation des écosystèmes.
L'engagement de Léon XIV s'inscrit dans un contexte politique et social où les questions écologiques deviennent centrales. Il s'exprime à un moment où des mouvements comme Extinction Rebellion ou Les Soulèvements de la Terre gagnent en visibilité, tandis que des lois comme la loi Climat et Résilience en France ou le Green Deal européen cherchent à encadrer les transitions. Le pape adopte une posture qui dépasse le cadre religieux : il se positionne comme une figure morale, appelant à l'action collective. Son discours vise aussi à influencer les décideurs politiques et économiques, en les incitant à intégrer des critères environnementaux dans leurs stratégies.
La position de Léon XIV suscite des réactions contrastées. Certains y voient une avancée majeure, saluant son courage à aborder des sujets souvent évités par les institutions religieuses. D'autres, en revanche, critiquent son approche, estimant qu'elle manque de concret ou qu'elle instrumentalise l'écologie à des fins de communication. Des voix au sein même de l'Église catholique remettent en cause l'urgence écologique, arguant que les priorités doivent rester spirituelles. Ces débats reflètent les tensions plus larges au sein de la société sur la place de la religion dans les enjeux contemporains, notamment environnementaux.

