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Environnement

Avion repeint en vert : les militants de Greenpeace condamnés à des amendes symboliques en appel

Reporterre · mis à jour 30 sept.

Neuf militants de Greenpeace avaient comparu le 24 juin devant la cour d'appel de Paris pour une action sur le tarmac de Roissy en 2021. Ils avaient partiellement repeint la carlingue d'un avion en vert pour dénoncer le greenwashing du transport aérien.

Action militante en 2018

En 2018, des militants de l'organisation non gouvernementale Greenpeace ont réalisé une action spectaculaire en repeignant en vert une partie d'un avion de la compagnie Air France stationné à l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle. Cette opération, menée dans le cadre d'une campagne contre l'impact environnemental du transport aérien, visait à attirer l'attention sur les émissions de gaz à effet de serre (GES) générées par les vols commerciaux. Les militants ont utilisé de la peinture écologique pour modifier l'apparence de l'appareil, transformant temporairement son fuselage en une surface verte. L'avion concerné appartenait à la flotte d'Air France, une compagnie aérienne française majeure, et était immobilisé au sol lors de l'intervention.

Condamnation en première instance

En 2020, les militants de Greenpeace impliqués dans cette action ont été condamnés en première instance par le tribunal correctionnel de Bobigny à des amendes de 1 500 € chacun pour dégradation de biens. Le tribunal a estimé que leur geste constituait une atteinte à la propriété privée, malgré l'objectif écologique affiché. Cette décision a été perçue comme une victoire symbolique par les compagnies aériennes et une défaite pour les militants, qui espéraient une reconnaissance judiciaire de la légitimité de leurs actions au nom de l'urgence climatique. Les avocats de Greenpeace avaient plaidé pour une relaxe, arguant que la dégradation était proportionnée à l'urgence environnementale.

Appel et confirmation des peines

En 2024, la cour d'appel de Paris a confirmé les condamnations des militants, mais a réduit le montant des amendes à 500 € par personne. Cette décision en appel maintient la reconnaissance de la responsabilité pénale des activistes, tout en allégeant la sanction financière. La cour a considéré que les faits étaient établis, mais a tenu compte du caractère symbolique de l'action et de la motivation écologique des militants. Cette issue judiciaire illustre le débat récurrent entre la liberté d'expression militante et le respect de la propriété privée, dans un contexte où les actions directes pour le climat se multiplient en France.

Ce que ça pourrait changer

Les condamnations des militants de Greenpeace ont suscité des réactions contrastées. D'un côté, des associations écologistes et des défenseurs des droits humains ont dénoncé une justice sélective, soulignant que les infractions environnementales graves (comme les émissions de CO₂ des compagnies aériennes) restent rarement sanctionnées. De l'autre, des représentants du secteur aérien et des propriétaires d'avions ont salué une décision protégeant leurs biens. Cette affaire met en lumière les tensions entre la lutte contre le réchauffement climatique et l'application du droit pénal, dans un pays où les mouvements écologistes radicalisent leurs méthodes pour alerter l'opinion publique.

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