La justice argentine ordonne la restitution “historique” d’un tableau volé par les nazis
L’œuvre, Portrait d’une dame, appartenait à un galeriste juif pillé pendant la deuxième guerre mondiale. Elle est réapparue l’an dernier dans une maison de Mar del Plata.
Le tableau Portrait d’une dame, peint par l’artiste italien Giuseppe Ghislandi, a été volé pendant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945) à Jacques Goudstikker, un galeriste juif néerlandais. Ce dernier possédait plus de 1 000 œuvres d’art à Amsterdam avant que les nazis ne les pillent. Le tableau a disparu pendant 80 ans, jusqu’à ce qu’il soit redécouvert en 2025 dans une maison privée à Mar del Plata, en Argentine. La justice argentine a désormais ordonné sa restitution à Marei von Sager, la petite-fille de Jacques Goudstikker, qualifiant cette décision de réparation historique.
Le tableau a été retrouvé dans la maison de Patricia Kadgien, fille de Friedrich Gustav Kadgien, surnommé le magicien de la finance nazie en raison de son rôle dans le financement du régime hitlérien. Après sa découverte, Kadgien a accepté de rendre l’œuvre à Marei von Sager en échange d’une garantie de ne pas être poursuivie pour avoir dissimulé l’existence du tableau. Cette restitution soulève des questions sur la complicité passive ou active de certains héritiers de figures nazies dans la dissimulation d’œuvres d’art volées.
Bien que les experts estiment la valeur du tableau à environ 250 000 euros, son importance dépasse largement sa valeur marchande. Marei von Sager envisage de l’exposer temporairement au Musée de l’Holocauste de Buenos Aires, dans un but éducatif visant à préserver la mémoire du pillage des biens culturels perpétré par les nazis. Cette décision s’inscrit dans une démarche de justice mémorielle et de sensibilisation aux crimes commis pendant la Seconde Guerre mondiale.
La restitution a été ordonnée par la justice argentine, qui a reconnu le droit de Marei von Sager à récupérer l’œuvre volée à sa famille. Cette décision s’appuie sur des principes de justice internationale et de réparation des crimes contre l’humanité. Elle illustre également l’engagement de certains pays, comme l’Argentine, à participer à la restitution des biens culturels spoliés pendant la guerre, un processus souvent complexe en raison des délais écoulés et des obstacles juridiques.

