NapseflowNapseflow
Généraliste

Paris et Berlin concluent un accord sur l’automobile qui ralentit le passage au tout-électrique

Le Devoir · mis à jour il y a 20 j

L’entente prévoit une moindre réduction des émissions de CO2 ce que dénoncent les organisations environnementales..

Accord franco-allemand

La France et l’Allemagne ont annoncé un compromis sur la réglementation européenne concernant les émissions de CO2 des voitures. Cet accord, révélé le 12 janvier 2024, prévoit une réduction moins stricte des émissions de CO2 pour les véhicules thermiques, passant de 100 % à 90 % d’ici 2035, au lieu de l’objectif initial de la Commission européenne. Les 10 % restants pourraient être compensés par l’utilisation de carburants renouvelables comme les biocarburants. Cet arrangement a été négocié pour préserver les industries automobiles des deux pays, notamment celle de l’Allemagne, qui craignait des pertes d’emplois et de compétitivité. L’accord marque un recul par rapport à l’objectif initial d’un passage complet au tout-électrique en 2035, une mesure initialement prévue pour accélérer la transition écologique du secteur automobile.

Préférence européenne renforcée

En échange de cette flexibilité sur les émissions, l’Allemagne a accepté d’appliquer une préférence européenne plus stricte dans la production automobile. Cette mesure, appelée Made in Europe, impose que 70 % des composants des véhicules et 10 % du contenu des batteries soient fabriqués en Europe ou dans des pays partenaires proches comme la Grande-Bretagne, la Norvège ou la Suisse. L’objectif est de limiter la dépendance aux importations, notamment celles en provenance de Chine, et de soutenir l’industrie locale. Le ministre allemand des Finances, Lars Klingbeil, a souligné que cette règle vise à éviter que l’Allemagne ne se contente d’assembler des pièces produites en Asie. La France et l’Allemagne ont ainsi validé un compromis où l’industrie automobile européenne est protégée, tout en maintenant une partie de la production de véhicules thermiques.

Réactions des acteurs clés

Les dirigeants français et allemands ont salué cet accord. Le président français Emmanuel Macron a affirmé sur le réseau social X que l’objectif de réduire fortement les émissions de CO2 et de produire des voitures électriques en Europe reste inchangé, tout en défendant la préférence européenne. Le chancelier allemand Friedrich Merz a quant à lui qualifié l’accord de « bonne journée pour les automobilistes et pour l’emploi en Allemagne, en France et en Europe », y voyant un signal d’investissement pour l’industrie. Du côté des industriels, l’association européenne des équipementiers automobiles (Clepa) a salué ce compromis comme « crucial » pour l’industrie. Cependant, les organisations environnementales, comme l’ONG Transport et Environnement, ont critiqué cet accord, le qualifiant d’« erreur historique » qui affaiblit l’ambition climatique et met en danger la chaîne de valeur européenne des batteries.

Assouplissements supplémentaires

L’accord franco-allemand prévoit également des assouplissements sur d’autres mesures européennes. Par exemple, il demande à intégrer certains véhicules thermiques à faibles émissions dans les flottes d’entreprises, qui devaient initialement être entièrement électrifiées. Un mécanisme de supercrédits, auparavant réservé aux petits véhicules électriques moins coûteux, serait étendu aux voitures électriques de plus grande taille. Ces ajustements visent à faciliter la transition pour les constructeurs et les consommateurs, tout en maintenant un équilibre entre écologie et compétitivité industrielle. Les négociations sur le paquet automobile européen devraient se poursuivre jusqu’à une adoption prévue début 2027, selon le lobby des constructeurs européens (ACEA).

Ce que ça pourrait changer

Les organisations environnementales dénoncent les concessions faites à l’industrie automobile au détriment de la lutte contre le réchauffement climatique. Selon *Transport et Environnement*, cet accord permettrait à des voitures assemblées en Europe mais équipées de batteries chinoises d’être considérées comme *Made in Europe*, ce qui menace la chaîne de valeur européenne des batteries. La ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut, avait déjà critiqué en décembre 2025 les flexibilités accordées aux véhicules thermiques dans la proposition initiale de la Commission européenne, jugée pourtant moins ambitieuse que le compromis final. Ces critiques soulignent un décalage entre les objectifs écologiques affichés par l’Union européenne et les réalités industrielles et politiques des États membres.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.