L’Iran a proposé un accord visant à rouvrir le détroit d’Ormuz dans sept jours
Ses conditions sont similaires aux précédentes, mais la conjoncture aux États-Unis pourrait mener à plus d’ouverture..
L’Iran a proposé aux États-Unis un accord en sept jours pour rouvrir le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique entre le golfe Persique et le golfe d’Oman, par laquelle transite environ 20 % du pétrole mondial. Cette proposition inclut également la reprise des négociations sur le programme nucléaire iranien, suspendu depuis plusieurs mois. Les conditions posées par Téhéran sont similaires à celles d’un précédent accord conclu en juin 2024, qui prévoyait une période transitoire de 60 jours mais s’est effondré après la reprise des attaques iraniennes contre le trafic maritime. Parmi les exigences iraniennes figurent la levée du blocus naval américain, la suspension des sanctions sur les ventes de pétrole iranien et le respect d’un cessez-le-feu incluant le Liban. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a présenté ces propositions lors d’une réunion privée en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York.
Cette initiative intervient à un moment clé pour les États-Unis, à moins de deux mois des élections de mi-mandat de novembre 2024. Le président américain Donald Trump, candidat à sa réélection, pourrait y voir une opportunité politique, notamment pour faire baisser les prix élevés de l’essence qui alimentent l’inflation et alimentent les inquiétudes des ménages. Cependant, Trump a jusqu’à présent adopté une position prudente, estimant qu’il n’était pas pressé de conclure un accord. En Iran, les tensions persistent entre les partisans d’une ligne dure, qui dominent les forces de sécurité, et des personnalités plus modérées comme le président Massoud Pezeshkian, élu en juillet 2024. La méfiance reste forte des deux côtés, certains craignant que l’Iran cherche à gagner du temps pour exporter davantage de pétrole et soulager ses difficultés économiques.
Le Qatar joue un rôle clé dans cette dynamique diplomatique, agissant comme médiateur entre l’Iran et les États-Unis. Le Premier ministre qatari a rencontré le président iranien Pezeshkian à New York, quelques jours après son discours à l’Assemblée générale de l’ONU. Ces discussions indirectes, organisées cette semaine, pourraient faciliter un rapprochement entre les deux pays. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a indiqué que les États-Unis restaient ouverts à l’échange de messages, sans pour autant s’engager sur un calendrier précis. La présence des dirigeants iraniens aux États-Unis, après leur intervention à l’ONU, laisse entrevoir une fenêtre d’opportunité pour avancer, mais son issue reste incertaine.
Le détroit d’Ormuz est un point de passage essentiel pour le transport du pétrole, avec environ 20 millions de barils transitant chaque jour. Toute perturbation dans cette zone peut entraîner une hausse des prix du pétrole, comme ce fut le cas lors des tensions précédentes entre l’Iran et les États-Unis. En 2024, les prix élevés de l’essence aux États-Unis ont alimenté l’inflation, un sujet sensible à l’approche des élections. Pour l’Iran, la levée des sanctions américaines sur les ventes de pétrole permettrait de relancer une économie en difficulté, fortement affectée par les restrictions internationales. Cependant, les États-Unis restent prudents, craignant que l’Iran n’utilise un éventuel accord pour contourner les sanctions ou gagner du temps sans engagement réel.

